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5 kg de cocaïne destinés à la France : deux accusés se renvoient la responsabilité à Conakry

2026-03-11 - 11:56

Le tribunal criminel de Mafanco a ouvert, ce mardi 10 mars 2026, le procès de deux hommes poursuivis pour tentative de trafic international de drogue à haut risque. Mohamed Yansané et Elias Ory sont accusés d’avoir tenté d’acheminer 5 kilogrammes de cocaïne de la Guinée vers la France, dissimulés dans une valise à double fond. Les deux compagnons d’infortune nient toute implication dans cette affaire, chacun pointant un doigt accusateur sur l’autre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Initialement poursuivis pour complicité de trafic international de stupéfiants, les faits ont finalement été requalifiés en tentative de trafic international de drogue à haut risque (tableaux 1 et 2) par le parquet. Selon l’accusation, la drogue devait être expédiée en France à travers une valise soigneusement aménagée. Placés en détention préventive à la Maison centrale de Conakry depuis le 12 juillet 2024, les deux accusés ont comparu devant le tribunal et ont catégoriquement rejeté toute implication dans cette affaire. Premier à être entendu, Mohamed Yansané, célibataire sans enfant et domicilié à Cosa, a nié toute responsabilité. À la barre, il a expliqué qu’il n’aurait fait que rendre un simple service à son coaccusé. « Je ne reconnais pas les faits, parce que je n’étais pas au courant de cette histoire. Elias m’a simplement demandé de lui rendre un service et j’ai accepté », a-t-il déclaré. Revenant sur leur rencontre, l’accusé a expliqué qu’ils s’étaient connus par hasard à Kindia, alors qu’il s’y était rendu après le décès de son grand-père à Forécariah. Selon lui, la discussion entre les deux hommes aurait commencé après qu’il eut demandé son chemin pour acheter des cigarettes. Les deux hommes auraient alors échangé leurs contacts. Plus tard, toujours selon sa version, Elias Ory lui aurait demandé de transporter une valise vers la France, lui remettant 200 euros pour couvrir les frais d’expédition. « Je pensais que la valise contenait seulement des habits. Nous l’avons même ouverte ensemble. Je ne savais pas qu’elle avait un double fond », a soutenu Mohamed Yansané. Le ministère public a toutefois pointé certaines contradictions dans les déclarations de l’accusé. Le procureur a notamment relevé que Mohamed Yansané avait donné un faux nom lors de leur première rencontre. « Lors de votre première rencontre, quel nom lui avez-vous donné ? », a demandé le procureur. « Je lui ai dit que je m’appelais Cissé », a reconnu l’accusé. Une réponse qui a immédiatement suscité des interrogations du parquet : « Pourquoi avoir donné un faux nom si vos intentions étaient bonnes ? Yansané et Cissé sont pourtant des noms totalement différents », a insisté le magistrat. Elias Ory : « Je n’ai jamais remis de valise à qui que ce soit » Deuxième accusé dans ce dossier, Elias Ory, de nationalité nigériane, célibataire et père d’un enfant, a lui aussi rejeté catégoriquement les accusations. À l’entendre, son coaccusé chercherait simplement à lui faire porter la responsabilité. « Yansané m’accuse à tort. La première fois que je l’ai rencontré, c’était à Kipé. Il était avec son frère Cissé. Nous avons échangé nos contacts, mais nous ne nous sommes jamais appelés ni écrit », a-t-il déclaré. Selon sa version, c’est plutôt Mohamed Yansané qui l’aurait contacté pour fixer un rendez-vous à Nongo Stade. Il affirme que c’est à ce moment que des gendarmes sont intervenus. « Il est entré avec des gendarmes et m’a désigné comme son patron. C’est ainsi que tout a commencé », a-t-il raconté. Concernant la valise contenant la cocaïne, l’accusé est resté catégorique : « Je n’ai jamais donné de valise à qui que ce soit ». Lors de l’audience, le tribunal a également interrogé Elias Ory sur ses activités en Guinée. « Que faites-vous en Guinée ? », a demandé le juge. « Je revends des congélateurs Bruxelles à Contéya », a répondu le prévenu. Face aux affirmations de son coaccusé, Elias Ory a également assuré n’avoir jamais mis les pieds à Kindia, contredisant directement la version de Mohamed Yansané. Les deux hommes ont finalement été confrontés devant le tribunal, chacun restant ferme sur sa position et rejetant toute responsabilité dans cette affaire de trafic de cocaïne. À l’issue de l’audience, le tribunal criminel de Mafanco, présidé par le juge Mohamed I Traoré, a décidé de renvoyer l’affaire au 24 mars 2026. Cette prochaine audience sera consacrée à la poursuite des débats, aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats de la défense. Mariama Barry pour Guineematin.com

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