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Aboubacar Diakité alias “Toumba” hospitalisé à Conakry : sa famille exige une preuve de vie

2026-03-25 - 13:02

« Notre père a survécu à neuf ans de détention. Il ne lui reste que quelques mois à purger. Nous refusons qu’il meure dans l’ombre et le silence de la communauté nationale et internationale », a-t-elle martelé. En début de semaine, le parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé le transfert d’Aboubacar Diakité alias “Toumba” à l’hôpital du camp militaire Almamy Samory Touré, situé dans la presqu’île de Kaloum. Selon l’autorité judiciaire, l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara a été hospitalisé suite à un malaise survenu dans la nuit du 23 mars 2026 à la maison centrale de Coyah, où il purge une peine de dix ans de réclusion dans le cadre du massacre du 28 septembre 2009. Cependant, depuis son évacuation dans ce camp militaire, Toumba n’a reçu aucune visite. Cette situation alimente les soupçons et les inquiétudes de sa famille, qui dénonce un manque total de transparence autour de son état de santé. « Depuis l’annonce du malaise, aucune vérification indépendante n’a été autorisée. Ni médecin indépendant, ni avocat, ni membre de la famille n’a pu le voir. Ce mutisme total des autorités guinéennes est inacceptable », dénonce sa famille dans un communiqué ce mercredi. Face à cette situation, la famille de Toumba conteste la version présentée par le parquet général et exige la présentation d’une preuve de vie. « Il est notre seule et unique raison d’exiger, sans délai, une preuve de vie... Chaque heure sans vérification indépendante aggrave le danger », a-t-elle déclaré. La famille d’Aboubacar Diakité a également lancé un appel aux organisations internationales de défense des droits humains, notamment Amnesty International et Human Rights Watch, afin qu’elles se saisissent du dossier et demandent des clarifications aux autorités guinéennes. Elle a aussi sollicité l’implication de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour « exiger des comptes aux autorités de Conakry ». « Notre père a survécu à neuf ans de détention. Il ne lui reste que quelques mois à purger. Nous refusons qu’il meure dans l’ombre et le silence de la communauté nationale et internationale », a-t-elle martelé. Ancien proche collaborateur du capitaine Moussa Dadis Camara (président de la Transition guinéenne de 2009), Aboubacar Diakité a été l’une des figures clés du procès historique relatif aux massacres du 28 septembre 2009, au cours duquel plusieurs responsables militaires ont été jugés pour leur rôle dans la répression sanglante d’un rassemblement de l’opposition au stade de Conakry. Il est détenu à la maison centrale de Coyah depuis le 10 février 2026, après son transfert de la maison centrale de Conakry, où il était détenu depuis mars 2017. Sa famille assure que son état de santé a été sciemment ignoré par les autorités. « Me Lancinet Sylla et les avocats de la défense ont alerté publiquement : notre père souffre d’une hernie de la ligne blanche à un stade avancé. Un collège médical mandaté à la prison de Coyah a formellement recommandé son transfert dans un établissement adapté, soulignant que l’absence totale d’infirmerie sur place mettait sa vie en danger. Les autorités ont ignoré cet avis », a-t-elle déploré. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tél : 622 97 27 22

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