Adoption des lois relatives au programme Simandou 2040 : la conseillère Seny Tonamou justifie son abstention
2026-03-07 - 08:35
Réuni en session plénière, le Conseil national de la transition (CNT) a examiné et adopté deux textes de loi destinés à permettre la mise en œuvre du programme Simandou 2040. Si la majorité des conseillers nationaux a approuvé ces textes, certaines voix ont toutefois choisi de s’abstenir lors du vote. Parmi elles, figure l’honorable Seny Tonamou, qui a décidé de ne pas soutenir les deux projets de loi, tout en reconnaissant la pertinence du programme. Elle parle de questions restées sans réponse pour justifier son abstention, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Au terme du scrutin, la conseillère nationale a pris la parole pour expliquer les raisons de son abstention, précisant qu’elle ne remettait pas en cause la qualité du programme, mais qu’elle restait préoccupée par certaines questions restées sans réponse. Un programme jugé pertinent mais des interrogations persistantes Dans sa première intervention, Seny Tonamou a tenu à clarifier sa position en soulignant qu’elle ne s’opposait pas au principe du programme Simandou 2040, qu’elle considère comme une initiative importante pour le développement du pays. « D’abord, je précise qu’il s’agit du programme Simandou 2040, programme qui s’étendra sur 15 ans, donc un programme de développement national. Habituellement, ce type de programme couvre une période de cinq ans, mais cette décision est, à mon avis, une très bonne chose. Si je ne l’ai pas voté, ce n’est pas parce que le programme n’est pas bon. Au contraire, c’est un excellent programme. J’ai eu le temps de parcourir le document et d’en examiner le contenu. On y trouve réellement de très bonnes idées. Cependant, une question me préoccupe depuis les travaux en inter commissions. J’ai tenté de la poser, mais je n’ai pas obtenu de réponse. Je l’ai également formulée au sein de notre commission, sans qu’elle ne soit réellement abordée. Elle n’a pas non plus été évoquée dans le rapport », a-t-elle expliqué. La question de l’impact des crises internationales Poursuivant son argumentaire, la conseillère nationale a mis en avant une préoccupation liée à la faisabilité du programme dans un contexte international marqué par des crises et des conflits susceptibles d’affecter la mise en œuvre des grands projets. « Ma préoccupation concerne le contexte international actuel, marqué par de nombreuses crises et conflits à travers le monde. Je voulais savoir quelles mesures ont été prévues pour éviter que ces crises n’impactent la bonne mise en œuvre de ce grand programme, qui est très important pour notre pays et pour son avenir. Cette question mérite, à mon sens, une réponse afin de rassurer la population. Nous avons tous été témoins ici de certains événements qui ont affecté la réalisation de projets dans le pays. On peut citer l’incendie du dépôt de carburant de Kaloum, qui a perturbé l’exécution de plusieurs activités. Nous avons également connu les effets d’Ebola et du coronavirus. Aujourd’hui, si nous sommes conscients de ces expériences passées, il est légitime de se demander si des mesures préventives ont été prises pour éviter que de telles crises n’entravent la mise en œuvre d’un programme qui s’étendra sur 15 ans. C’est donc cette question qui me préoccupait. Avec les conflits actuels en Occident et au Moyen-Orient, il est important d’anticiper les risques afin que ces situations n’affectent pas la mise en œuvre du programme. Ma question était fondamentale. N’ayant pas obtenu de réponse claire, j’ai choisi de m’abstenir, car je n’avais pas l’assurance que ce bon projet pourrait être mis en œuvre sans obstacles », a fait savoir la conseillère. Des préoccupations liées à la santé et à l’usage des engrais Enfin, l’honorable Seny Tonamou a évoqué d’autres inquiétudes, notamment celles liées à la santé publique et à l’utilisation des engrais dans le cadre des politiques agricoles envisagées dans le programme de développement. « Il y avait également d’autres préoccupations, mais certaines ont déjà été soulevées par d’autres intervenants. L’une d’elles concerne la santé de la population. Le professeur Alassane a évoqué les différentes maladies dont souffrent aujourd’hui les populations. Nous savons que l’utilisation abusive des engrais peut avoir des conséquences sur la santé. Je voulais donc savoir si des mesures ont été prévues pour s’assurer que les engrais importés soient de bonne qualité et utilisés de manière encadrée, afin d’éviter des effets néfastes sur la population. Aujourd’hui, on constate par exemple une augmentation du nombre d’accouchements par césarienne. Autrefois, nos parents utilisaient moins d’engrais et ces situations étaient moins fréquentes. Cela nous amène à nous interroger sur les causes de certaines maladies actuelles. Avant de nous projeter dans un programme de développement sur 15 ans, il est important de se poser ces questions et d’y apporter des réponses claires. Voilà les raisons pour lesquelles je me suis abstenue de voter les deux textes de loi. Ce n’est pas parce que le programme n’est pas bon. C’est un bon programme, mais j’avais besoin d’être rassurée sur les conditions de sa faisabilité », justifie-t-elle. Malgré ces réserves exprimées par la conseillère nationale, les deux textes de loi relatifs à la mise en œuvre du programme Simandou 2040 ont été adoptés à la majorité par les membres du Conseil national de la transition, ouvrant ainsi la voie à la concrétisation de ce vaste programme de développement prévu sur une période de quinze ans. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : 622919225