Annulation du procès de 3 accusés dans l’affaire du 28 septembre 2009 : la partie civile conteste la décision
2026-02-23 - 16:25
Le Tribunal criminel de Dixinn a ouvert une nouvelle phase contentieuse dans le second volet du procès des événements du 28 septembre 2009. Dans une décision rendue ce lundi 23 février 2026, la juridiction a déclaré « nulle et de nul effet » l’ordonnance de renvoi des accusés colonel Jean-Louis Kpoghomou, lieutenant-colonel Georges Olémou et adjudant Thomas Touaro, tout en ordonnant leur libération. Le président du tribunal Aboubacar Thiam justifie sa décision par le fait que l’ordonnance de renvoi en question a été prise après un arrêt de la deuxième chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Conakry, qui avait déjà annulé la procédure d’information ouverte contre ces accusés. Mais certaines parties civiles dans ce procès ne sont pas d’accord avec ce jugement. Elles estiment que le tribunal a ignoré leurs arguments dans le contentieux qui a conduit à la prise de cette décision. « Nous avons le sentiment que le tribunal n’a pas observé l’équilibre entre les parties, parce qu’il n’a pas discuté les moyens exposés par les parties civiles. Le tribunal s’est contenté de dire que la partie civile aurait dit qu’elle fait siennes les moyens qui ont été présentés par le parquet. Cela n’a jamais été fait. Nous n’avons jamais dit que nous faisions nôtre ce qu’a dit le parquet. Nous avons nos propres moyens de défense que nous avons présentés. Ces moyens-là ont leur propre structure, ont leur propre contenu, nous avons notre propre argumentation », a réagi Me Bernard Sâa Dissi Millimono, avocat de la partie civile. L’avocat ajoute que les parties civiles ont bien sûr soutenu les moyens présentés par le parquet lors des débats qui ont suivi les exceptions de nullité soulevées par les avocats de la défense. Mais il précise qu’elles ont aussi présenté leurs propres moyens, dont le tribunal, souligne-t-il, avait l’obligation de discuter. « Mais en refusant de discuter des moyens qui ont été présentés par la partie civile, le tribunal a manqué à son obligation d’observer la neutralité entre les parties », estime ce conseil de la partie civile. En conséquence, Me Bernard Sâa Dissi Millimono annonce que son camp va attaquer cette décision devant la Cour d’appel de Conakry. « Nous estimons que la décision qui a été rendue n’est pas une décision fondée au regard de la loi. C’est pourquoi nous allons exercer un appel contre ce jugement et nous disons que la bataille ne fait que commencer », a-t-il prévenu. Le colonel Jean Louis Kpoghomou (ancien directeur par intérim de l’école nationale de la gendarmerie), le lieutenant-colonel Georges Olémou (de la Brigade régionale de la gendarmerie de N’Zérékoré) et l’adjudant Thomas Touaro (du Bataillon autonome des troupes aéroportées, BATA) font partie des personnes arrêtées et inculpées après des révélations faites lors de la première phase du procès des événements du 28 septembre 20009, à l’issue de laquelle le capitaine Moussa Dadis Camara et Cie avaient été condamnés pour crimes contre l’humanité. Ils ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry le 23 novembre 2022 pour des faits de complicité de meurtre, d’assassinat, de viol, d’enlèvement, de séquestration, de torture, de coups et blessures, de vol à main armée, d’entrave aux mesures d’assistance et d’omission de porter secours. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62