Antonio Guterres : « L’avenir de l’IA ne peut être décidé par une poignée de pays, ni laissé aux caprices de quelques milliardaires »
2026-02-19 - 17:25
Devant plusieurs dirigeants politiques du monde, mais aussi des chefs d’entreprise et des experts du numérique réunis au sommet mondial de l’intelligence artificielle à New Delhi (en Inde), le secrétaire général de l’ONU a plaidé pour une gouvernance plus inclusive de l’IA. Dans un discours aux accents à la fois politiques et éthiques, il a averti que l’avenir de l’intelligence artificielle ne saurait être confisqué par « une poignée de pays » ni abandonné « aux caprices de quelques milliardaires ». Une déclaration qui intervient dans un contexte de rivalités technologiques accrues entre grandes puissances et de concentration massive des capacités de calcul, des données et des infrastructures numériques entre les mains de quelques multinationales. « L’avenir de l’IA ne peut être décidé par une poignée de pays, ni laissé aux caprices de quelques milliardaires. L’IA doit être accessible à tous. C’est pourquoi, encouragé par l’Assemblée générale des Nations Unies, je lance un appel à la création d’un fonds mondial pour l’IA afin de renforcer les capacités de base dans les pays en développement, des compétences, des données, une puissance de calcul abordable et des écosystèmes inclusifs. Notre objectif est de 3 milliards de dollars américains. C’est moins d’1% du chiffre d’affaires annuel d’une seule entreprise technologique. L’IA doit bénéficier à tout le monde », a-t-il déclaré. Pour le chef de l’ONU, l’intelligence artificielle ne doit pas devenir un nouveau facteur d’exclusion. Il a également mis en garde contre les risques majeurs associés à un développement non régulé de l’IA. « Bien utilisée, l’IA peut faire progresser les objectifs de développement durable, accélérer les percées médicales, élargir les possibilités d’apprentissage, renforcer la sécurité alimentaire, soutenir l’action climatique et la préparation aux catastrophes, et améliorer l’accès aux services publics essentiels. Mais elle peut aussi creuser les inégalités, amplifier les biais et alimenter les préjudices. Et l’IA doit être sûre pour tous. Nous devons protéger les gens contre l’exploitation, la manipulation et les abus. Aucun enfant ne devrait servir de cobaye à une IA non réglementée”, a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au sommet de l’IA jeudi en Inde », a dit Antonio Guterres. Au-delà des enjeux purement techniques, c’est une question de gouvernance globale qui se pose. Et pour le secrétaire général de l’ONU, l’intelligence artificielle représente un tournant historique : soit elle deviendra un bien public mondial au service du progrès partagé, soit elle accentuera les déséquilibres et les tensions d’un monde déjà fragmenté. D’où la nécessité de mettre en place des mécanismes de régulation internationaux robustes, articulés autour du respect des droits humains, de la transparence des systèmes algorithmiques et d’une responsabilité clairement établie des acteurs technologiques. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tel : 622 97 27 22