Audience sans électricité au tribunal de Kaloum : la justice rendue à la lumière des téléphones portables
2026-02-09 - 16:27
Une scène pour le moins inhabituelle s’est déroulée ce lundi, 9 février 2026, au tribunal de première instance de Kaloum. Faute d’électricité, l’audience correctionnelle prévue dans cette juridiction s’est tenue dans l’obscurité, contraignant magistrats, avocats et autres acteurs judiciaires à recourir à la lumière de leurs téléphones portables pour assurer le déroulement des débats. Selon les informations d’une journaliste de Guineematin.com qui était sur place, sur les dix-huit dossiers inscrits au rôle, un seul a pu être examiné dans ces conditions précaires. Les autres affaires ont été renvoyées, en raison notamment de l’absence des parties concernées. Dans la salle d’audience faiblement éclairée, juges, avocats de la défense, conseils de la partie civile, ainsi que la représentante du ministère public ont dû utiliser les torches de leurs téléphones pour lire les dossiers, plaider, formuler les réquisitions et rendre les décisions. Le président de la juridiction lui-même n’a pas échappé à cette situation, prononçant le verdict à la lumière de son téléphone. Cet épisode- écrit à la lumière de la torche du téléphone de notre journaliste- met en évidence les difficultés persistantes auxquelles fait face l’appareil judiciaire guinéen, appelé pourtant à jouer un rôle central dans la consolidation de l’État de droit. De telles conditions de travail sont de nature à nuire à la concentration des acteurs judiciaires, à la sérénité des débats et au respect de la solennité des audiences. Pour certains observateurs, le problème ne se limite pas à un manque de moyens financiers. Ils estiment que des ressources sont régulièrement allouées pour améliorer les conditions de travail dans l’administration publique, mais que leur gestion inefficace ou leur mauvaise orientation par certains responsables empêche toute amélioration tangible. Une audience tenue à la lumière des téléphones portables et des dossiers examinés dans le noir : cette situation illustre, une fois de plus, les défis structurels auxquels la justice guinéenne, à l’instar d’autres secteurs publics, demeure confrontée, alors même que les Guinéens aspirent à un service public efficace et digne. Mariama Barry pour Guineematin.com