Banankoro (Kérouané) : Bangaly Kaba Abedi dévoile le bilan des réalisations, les difficultés et les perspectives de développement
2026-01-30 - 13:38
Située à 35 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kérouané, la sous-préfecture de Banankoro traverse une phase charnière de son histoire administrative. À la tête de la commune rurale depuis 2024, Bangaly Kaba, alias Abedi, président de la délégation spéciale, a dressé le bilan d’une gouvernance marquée par des avancées, mais freinée par d’énormes difficultés. Il a ensuite évoqué les perspectives de développement, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial. Dès son arrivée, explique-t-il, la priorité a été donnée à la réconciliation sociale, après une période de divisions politiques. « On a d’abord cherché à réconcilier Banankoro. La politique passée avait divisé cette ville », souligne-t-il. Cette volonté de réorganisation s’est également traduite par la séparation fonctionnelle de la commune et de la sous-préfecture, jusque-là logées dans un même bâtiment. Un nouveau bloc administratif sous-préfectoral est en construction. S’inspirant d’un proverbe maninka qui dit que « si quelqu’un t’aide à laver ton dos, il faut laver ton ventre », Bangaly Kaba a affirmé avoir agi avec responsabilité, soutenu par la confiance accordée par le chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Des infrastructures visibles malgré des moyens limités Parmi les réalisations notables figurent la réhabilitation du marché central, longtemps jugé insalubre et peu attrayant, ainsi que la mise aux normes du stade sous-préfectoral. Ancien footballeur, le président de la délégation spéciale confie avoir tenu à corriger les dimensions du terrain (110 à 120 mètres sur 90) et à doter le site de bancs de réservistes en béton. « Le marché n’était pas tellement joli. Il fallait changer un peu la physionomie, parce que c’est au beau centre de Banankoro. Et puis encore, le stade sous-préfectoral, en tant qu’ancien footballeur, aussi, n’était pas dans le règlement. On a pu mettre ça, les 110 à 120 sur 90. On a construit des places de réservistes en béton », a-t-il dévoilé. Avec l’appui de l’ANAFIC, la commune a également été clôturée et équipée. Les autorités locales annoncent une inauguration prochaine des nouvelles installations. « L’ANAFIC est aussi venu en aide pour le renouvellement de cette commune. La commune est clôturée maintenant. Tout est en place, et les équipements sont là, et on se prépare même pour l’inauguration de cette commune », a annoncé Bangaly Kaba Abedi. Cependant, ces avancées contrastent avec les difficultés majeures auxquelles Banankoro reste confrontée. « Nous avons beaucoup de difficultés. Aujourd’hui, presque Banankoro est oubliée. Banankoro, de 1997 jusqu’à maintenant. Et l’accès à Banankoro est très difficile, partout où vous passez. La route Langbarma, entre Banankoro et Kérouané, l’accès est très difficile. Banankoro-Kissidougou, l’accès est très difficile. Banankoro-Macenta, l’accès est très difficile. Notre cas est très pitoyable ici. Quand tu dis à quelqu’un de venir à Banankoro, il a peur. Il te dit carrément que l’état de la route n’est pas bon. La ville de Banankoro n’est pas du tout lotis. Il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de courant. C’est seulement le courant privé qui est à Banankoro. L’État est en train de faire beaucoup d’efforts pour que Banankoro puisse avoir le courant », a dit le président de la délégation spéciale. À cela s’ajoutent l’absence de lotissement, le manque d’eau potable et l’inexistence du courant électrique public, l’éclairage reposant essentiellement sur des initiatives privées, malgré les efforts annoncés de l’État. Santé, eau, éducation : Banankoro nourrit de grandes ambitions La mobilisation des ressources financières demeure également un casse-tête. La population, économiquement éprouvée, peine à s’acquitter des taxes et impôts locaux. « En termes de mobilisation de fonds, nous avons des difficultés. Banankoro, du passé et d’aujourd’hui, fait deux. Quand vous tendez la main, c’est l’impôt qui vient. Le marché, quand tu taxes les gens, ça parle. On te dit que la situation n’est pas bonne. C’est comme ça, mais on se partage très bien avec la population. L’impôt aussi, ce n’est pas beaucoup pour nous. Tout ce que nous gagnons, nous essayons de le réinvestir dans des réalisations », a assuré le responsable communal, saluant au passage l’engagement du service des impôts et de ses cadres. Malgré tout, les ambitions restent intactes. Banankoro, forte de 22 districts, se distingue par un recensement jugé meilleur que celui de Kérouané lors du passage du RAVEC. Un argument que les autorités locales brandissent pour nourrir leur rêve : voir Banankoro érigée un jour en préfecture. Pour cela, des projets sont envisagés dans tous les secteurs. « Quand tu vois cette sous-préfecture où il n’y a pas de lieu de loisir, les enfants sont à l’abri. On se bat comme ça pour un lieu de loisir pour la jeunesse. On a des projets qu’on doit mettre en place pour que vraiment, le jour où l’État sera prêt à ériger Banankoro en préfecture, qu’il voie qu’on a mis beaucoup de choses, qu’on a construit les blocs administratifs, c’est-à-dire le bureau du préfet, la gendarmerie, la police. On veut construire tout ça là. Mais à l’heure actuelle, on n’a pas ce moyen. Nous tendons la main aux autorités. Franchement, l’équipe de la délégation spéciale de Banankoro dont je suis à la tête, nous avons beaucoup de projets, on a beaucoup d’ambitions pour que Banankoro soit vu comme avant. Nous voulons aussi décentraliser le collège et le lycée pour créer une concurrence entre les deux établissements afin que les enfants puissent prendre du sérieux. Notre objectif du côté de la santé, il y a un manque de médicaments et de personnel soignant. Nous avons deux centres de santé, dont un centre de santé amélioré où le docteur Gaston est à la tête. Donc nous demandons à tout le monde, à l’État, de venir en aide du côté de la santé », a-t-il sollicité. L’accès à l’eau potable reste l’un des défis les plus urgents « Nos mamans continuent de puiser l’eau dans les rivières et les marigots », a regretté Bangaly Kaba, appelant le chef de l’État et les partenaires au développement à multiplier les forages dans les secteurs et districts. La délégation spéciale de Banankoro affirme disposer d’une vision claire, de nombreux projets et de fortes ambitions, mais souligne que le manque de moyens constitue encore un frein majeur à la transformation de la commune, comme l’a indiqué son président. De retour à Banankoro (Kérouané), Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com Tel : (+224) 621144 891