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Bras de fer entre DK et Sékou Kaba au TPI de Kaloum : “Il n’y a pas d’abus de confiance dans le dossier”, dit le parquet

2026-02-24 - 16:25

Le procès opposant Mme Kadiatou Biro Diallo à Sékou Kaba pour abus de confiance s’est poursuivi ce mardi, 24 février 2026, au tribunal de première instance de Kaloum. Au stade des réquisitions et plaidoiries, la partie civile a sollicité la somme de 495 000 dollars au titre des préjudices allégués, tandis que le ministère public et la défense ont requis le renvoi des fins de la poursuite, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. Poursuivi pour abus de confiance, Sékou Kaba comparait libre. Dans ses plaidoiries, la partie civile, après un rappel circonstancié des faits, a demandé au tribunal de le retenir dans les liens de la culpabilité et de le condamner au paiement de 495 000 dollars. « M. Kaba a reconnu les faits. Il n’a pas reconnu les faits d’abus de confiance. Il reconnaît avoir reçu des montants. Il a même dit qu’il ne conteste pas avoir reçu les fonds. M. Kaba a révélé des contradictions entre ici et les OPJ. Les montants reçus sont un peu plus de 232.000 dollars. Il n’a pas manqué de se contredire... Il a dit être un fournisseur. M. Kaba a négocié avec les usines en fixant une marge pour lui. Il a vendu à Mme Diallo. Il a dit ici que même le séjour de Mme Diallo que c’est lui qui l’avait prise. Ce qui s’avère être une contre-vérité. Il n’a pas manqué de se contredire durant tout ce processus. Sur la totalité mentionnée, une partie des marchandises est arrivée. Il n’a pas soldé le montant à l’usine. A-t-il dissipé les montants ? Le propre du menteur, c’est l’inconstance. Il y a un fait : Mme Diallo avait un contrat de fourniture de tables-bancs et de chaises. La question est de savoir où est-ce qu’il a mis l’argent ? Au regard des éléments que vous avez, les liens de la culpabilité ne font d’aucun doute. Mme Diallo a attendu tout ce temps. Il ne s’agit pas d’une dette. Il s’agit d’un faux commerçant qui a vendu une fausse marchandise à une vraie commerçante. M. Kaba a reçu de l’argent dans un cadre précis : acheter une marchandise et la livrer à Conakry. Les préjudices financiers directs de Mme Diallo sont de 195.000 dollars. Pour les préjudices matériel, économique et moral subis, nous demandons 300.000 dollars. Nous vous demandons de le retenir dans les liens de la culpabilité et de le déclarer coupable. Pour l’action pénale, nous laissons cela au ministère public. Nous demandons 495.000 dollars au titre de l’ensemble des préjudices subis par Mme Diallo », sollicite la partie civile. De son côté, le ministère public estime qu’il s’agit du litige civil et demande de renvoyer M. Kaba des fins de la poursuite. « Le parquet, avec les autres parties, a suivi avec attention les débats effectués dans cette affaire, en plus des procès-verbaux du bureau central d’Interpol. Les différents avocats sont intervenus. La plaignante a saisi les autorités judiciaires. Elle a indiqué qu’elle était clairement en affaire avec M. Kaba, qu’elle a connu en 2019 par le canal de son amie Bilguissa. Elle a obtenu une commande de fournitures scolaires. Elle a lancé une commande avec M. Kaba. Elle devait payer les fonds. Cela a été fait de façon verbale sur WhatsApp. Les marchandises devaient être produites en 10 jours. C’était en novembre 2023. Elle s’est rendue sur place pour voir d’elle-même. Elle a passé un mois en Chine. Il s’agissait d’une commande de 3 250 tables-bancs et de 6 500 chaises. En janvier 2024, elle est entrée en possession de 3 conteneurs sur 6. Elle s’était acquittée de l’intégralité du prix des conteneurs. M. Kaba faisait la commande au nom de l’État. Elle a perdu la confiance de son client. Aux mois d’octobre et novembre 2024, M. Kaba n’a pas respecté ses engagements. Elle a décidé de porter plainte. Au cours de son interrogatoire, il a indiqué que la commande avait été lancée par Mme Diallo, qu’il y a eu des retards et qu’il recevait des montants irréguliers. Cela a coïncidé avec l’augmentation des frais maritimes. Il a dit à Mme Diallo que la marchandise est restée à l’usine jusqu’à ce que le tribunal fasse son travail. Au regard des éléments subséquents, M. Kaba a effectivement lancé la commande. Mme Diallo s’est rendue à l’usine. Elle a constaté que les marchandises ont été produites. Concernant le détournement, madame a récupéré 3 conteneurs. Il n’y a pas d’abus de confiance dans le dossier. La relation d’affaires entre les deux est purement civile. Le caractère de détournement n’est pas établi », a déclaré le parquet. La défense a abondé dans le même sens, soutenant qu’il s’agit d’une relation classique vendeur–acheteur. Selon elle, une fois les fonds transférés dans le cadre d’un contrat de vente, le fournisseur en devient propriétaire, excluant toute notion de détournement en l’absence de titre précaire. « M. Kaba est le vendeur et Mme Diallo est l’acheteuse. Les gens ont dit : il s’est caché, il a fui. Il n’a pas voulu répondre. Il a connu d’énormes préjudices sur son lieu de travail (en Chine). Il ne se reproche absolument rien. La commande consiste à faire un transfert ; il ne peut pas y avoir de détournement, car celui à qui vous avez remis les fonds en devient propriétaire. Ce que vous pouvez demander, c’est la contrepartie de sa prestation. Tout ce qu’elle peut demander, ce sont les marchandises ou la contrepartie. Ce n’est pas à vous de statuer entre la cliente et le fournisseur. C’est la quintessence de cette affaire. Il ne peut y avoir de délit d’abus de confiance ni de détournement. Constatez qu’il n’y a pas de délit d’abus de confiance. Il n’y a pas de titre précaire. Renvoyez M. Kaba des fins de la poursuite. L’abus de confiance n’est pas établi », a dit l’avocat de la défense. Finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le dossier le 17 mars 2026. Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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