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Changement climatique : « L’Afrique est en première ligne d’une crise qu’elle n’a pas provoquée »

2026-01-26 - 18:11

La justice climatique était au cœur de l’intervention du président de la commission de l’Union africaine ce lundi, 26 janvier 2026, lors de la réunion virtuelle des chefs d’Etat et de gouvernement sur l’urgence d’adaptation et de développement du continent. Mahmoud Ali Youssouf a notamment dénoncé une injustice persistante dont l’Afrique paie aujourd’hui le prix fort. « L’Afrique est en première ligne d’une crise climatique qu’elle n’a pas provoquée », a-t-il déclaré. Pour étayer son propos, Mahmoud Ali Youssouf a dressé un tableau sans concession de la situation climatique sur le continent : sécheresses de plus en plus sévères, inondations récurrentes, vagues de chaleur extrêmes et hausse généralisée des températures. Autant de phénomènes qui affectent durablement les économies, fragilisent les écosystèmes et rendent le quotidien de millions de personnes de plus en plus précaire. Face à cette situation qui menace des décennies d’acquis de développement durement, Mahmoud Ali Youssouf promeut l’adaptation. Pour lui, « il ne s’agit pas seulement d’une urgence climatique », mais d’« une urgence de développement, de justice et de sécurité ». Cette alerte intervient dans un contexte particulièrement préoccupant marqué par la baisse des financements climatiques internationaux, alors même que les besoins d’adaptation du continent ne cessent de croître. L’Afrique, bien que responsable d’une part infime des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de manière disproportionnée les effets du changement climatique. Dans son intervention, Mahmoud Ali Youssouf a également rappelé que l’Afrique ne se résume pas à une victime passive du dérèglement climatique. Le continent, a-t-il affirmé, dispose de solutions concrètes et innovantes : une jeunesse dynamique porteuse d’innovations, des initiatives en matière d’agriculture climato-intelligente, un potentiel considérable en énergies renouvelables, des projets d’infrastructures résilientes et des solutions fondées sur la nature. « Le monde ne peut atteindre ses objectifs climatiques sans l’Afrique, et l’Afrique ne peut libérer tout son potentiel sans un financement d’adaptation prévisible et équitable à grande échelle », a-t-il martelé. En conclusion, le président de la Commission de l’Union africaine a insisté sur l’importance du lancement de la phase AAAP 2.0 (2026–2030), qui devra permettre de mobiliser des financements massifs pour l’adaptation, de stimuler les investissements privés, d’intégrer la résilience climatique dans les politiques de développement et de placer les populations au cœur des stratégies climatiques, en particulier les femmes et les jeunes. « L’adaptation, c’est le développement... Chaque route, école, hôpital, ferme doit être résiliente face au changement climatique », a-t-il précisé. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tel : 622 97 27 22

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