TheGuineaTime

Conakry : alors qu’il risque 10 ans pour viol, un maçon nie les faits et évoque des aveux sous torture

2026-03-17 - 09:15

Poursuivi pour des faits de viol sur MC, une mineure âgée de 15 ans au moment des faits, Alhassane Sylla a comparu devant le tribunal criminel de Mafanco en fin de semaine dernière. Interrogé à la barre, l’accusé a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés. Il affirme avoir reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire sous la contrainte. Selon lui, ces aveux auraient été obtenus sous la torture. Allant plus loin, il soutient même avoir été conduit à l’hôpital par les agents après ces violences. Le procureur a requis sa condamnation à 10 ans de réclusion criminelle, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. Né en 1996 à Conakry, Alhassane Sylla est maçon de profession. Détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 14 avril 2025 il lui est reproché d’avoir sexuellement abusé d’une mineure de 15 ans. Selon les éléments présentés à l’audience, l’accusé travaillait avec le père de la victime, Ibrahima Sory Camara, qui représente sa fille dans cette procédure judiciaire. D’après les conclusions de l’enquête préliminaire, l’accusé aurait abusé de la jeune fille durant trois jours consécutifs. Interrogé par le tribunal, Alhassane Sylla a fermement nié toute implication. « Je ne connais rien de cette affaire, il n’y a rien entre elle et moi », a déclaré l’accusé. Le tribunal a alors cherché à comprendre pourquoi la victime l’aurait désigné. « Pourquoi vous a-t-elle indexé vous et pas quelqu’un d’autre ? », a demandé le juge. « Quand son papa l’a frappée, elle a dit que c’était moi », a répondu l’accusé. Par la suite, le tribunal lui a rappelé ses déclarations lors de l’enquête préliminaire. « Pourtant, lors de votre audition à l’enquête préliminaire, vous avez reconnu avoir commis cet acte et vous avez demandé pardon », a souligné le juge. « J’ai reconnu parce qu’on m’a frappé et torturé pour que je dise ce que je n’ai pas fait », a répliqué Alhassane Sylla. « Qui vous a frappé ? », a insisté le juge. « Le papa de la fille et ses proches », a-t-il affirmé. Le ministère public a également interrogé l’accusé sur le changement de ses déclarations. « Pourquoi changez-vous de version aujourd’hui ? », a demandé le procureur. « Je l’ai dit, tout ce que j’avais déclaré était sous le coup de la torture », a-t-il répondu. « Devant le juge d’instruction aussi, on vous a torturé ? », a répliqué le parquet. « Je ne savais pas ce que je faisais », a déclaré l’accusé. À son tour, la défense a interrogé son client pour éclairer le tribunal. « Connaissez-vous cette jeune fille ? », a demandé l’une des avocates. « Oui, je connais sa famille. Je travaillais avec son père, il est aussi maçon », a répondu l’accusé. « La victime affirme que l’incident s’est produit le jour de la fête de Ramadan 2025. Où étiez-vous ce jour-là ? », a demandé l’avocate. « Moi, je n’étais même pas à Conakry. Le jour de la fête, j’étais à Boké », a dit Alhassane Sylla. À l’issue des débats, le tribunal a ouvert la phase des réquisitions et plaidoiries. Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le procureur Moussa Kany Condé, a estimé que les faits reprochés à l’accusé étaient suffisamment établis. Pour la répression, il a requis une peine de dix ans d’emprisonnement ferme. De leur côté, les avocates de la défense, Maîtres Fatoumata Soriba Camara et Aïcha Lamine Fofana, toutes deux inscrites au barreau de Guinée, ont plaidé la non-culpabilité de leur client. Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal criminel de Mafanco, présidé par le juge Mamadou Chérif Diallo, a décidé de renvoyer l’affaire au 27 mars prochain pour le délibéré. Mariama Barry pour Guineematin.com

Share this post: