Conakry : Aminata Touré « Ami la Conseillère » condamnée pour injures et violences
2026-03-24 - 17:53
Aminata Touré, connue sous le nom « Ami la Conseillère » sur les réseaux sociaux, est située sur son sort. Jugée pour « injures et de violences physiques » au préjudice de Dame Mariam Bah, la marchande et mère célibataire a été déclarée coupable et condamnée par le tribunal correctionnel de Dixinn, a constaté une journaliste de Guineematin.com qui est sur place. L’affaire avait suscité grand bruit ces dernières semaines sur les réseaux sociaux. Ami la Conseillère, très connue sur Facebook et TikTok, a publié une vidéo qu’elle a elle-même filmée, où elle insulte et va jusqu’à porter la main sur une vieille dame qu’elle accuse d’avoir tenté de voler des habits dans sa boutique. Cette séquence a suscité une vague d’indignation et de vives réactions au sein de l’opinion publique, conduisant à l’interpellation de la jeune fille. Aminata Touré a été inculpée et placée sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry. Après quelques semaines de détention préventive, elle a comparu ce mardi 24 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Dixinn. À la barre, la prévenue a reconnu sans détour les faits mis à sa charge, tout en implorant la clémence de la juridiction. « Je reconnais les faits. Et je n’ai rien à dire, sauf demander le pardon du tribunal, car ce que j’ai fait est indigne », a-t-elle déclaré. Mais le juge et le procureur ont insisté pour connaître les motifs de son acte avant toute demande de pardon. La prévenue a alors expliqué avoir agi ainsi pour mettre à nu une voleuse, après avoir été victime de vols à plusieurs reprises. « L’année dernière, elle est venue à ma boutique, elle m’a volée. Cette année encore, elle est revenue et a trouvé une dame en train d’acheter un bazin ; là encore, elle a essayé de voler. C’est parce que j’ai été victime de vols à plusieurs reprises que je l’ai filmée en l’injuriant, afin que le monde se méfie d’elle. Je demande pardon », a-t-elle expliqué. À la question de savoir si elle avait présenté des excuses à sa victime, elle a répondu par l’affirmative. « J’ai envoyé une délégation dans la famille de la dame pour présenter des excuses en mon nom. Je demande pardon. Et je demande à ceux qui m’insultent sur les réseaux sociaux d’arrêter, ce n’est pas digne », a-t-elle déclaré. Lors de la phase des réquisitions et plaidoiries, le procureur Mamadou Yaya Boiro a rappelé que les propos tenus par la prévenue, portant sur l’intimité de cette femme âgée, touchent à la dignité humaine et à celle de la femme. Il a souligné que ni la religion, ni la culture, ni la loi ne sauraient autoriser de tels actes. Le représentant du ministère public estime donc que les faits pour lesquels Ami la Conseillère est poursuivie lui sont imputables et ont troublé l’ordre public. En conséquence, il a requis un an d’emprisonnement assorti de sursis et une amende de 10 millions de francs guinéens contre elle, mais aussi une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux pendant six mois. Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal, présidé par Ibrahima Sory Sow, a déclaré Aminata Touré coupable des faits d’injures publiques et de violence physique par le biais d’un système informatique. Pour la répression, il l’a condamnée à un an d’emprisonnement assorti de sursis et au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens. N’ayant pas eu une peine privative de liberté, Ami la Conseillère devrait donc recouvrer d’un moment à l’autre sa liberté. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com