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Conakry : ce que risque Adama Barry, jugé pour avoir dissimulé de la cocaïne dans des chaussures

2026-03-16 - 09:06

Poursuivi pour trafic international de drogue à haut risque portant sur 2 100 grammes de cocaïne, Mamadou Adama Barry a comparu vendredi 13 mars 2026 devant le tribunal criminel de Mafanco. À la barre, le prévenu a reconnu que la drogue a été retrouvée en sa possession, tout en niant en être le propriétaire. Le représentant du ministère public a requis sa condamnation à 15 ans de réclusion criminelle, rapporte Guineematin.com à travers l’une de ses journalistes. Né en 2000, Mamadou Adama Barry est un ressortissant guinéen vivant à Paris. Il est détenu à la Maison centrale de Conakry depuis le 19 mars 2025, date à laquelle il a été placé sous mandat de dépôt. Selon l’accusation, il aurait tenté de faire sortir du territoire guinéen 2 100 grammes de cocaïne dissimulés dans trois paires de chaussures. Les faits se sont produits à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry, alors que l’accusé s’apprêtait à embarquer pour un vol à destination de Paris. D’après les éléments présentés à l’audience, les agents de sécurité ont découvert la drogue lors d’un contrôle. Trois paires de chaussures contenant de la cocaïne ont été saisies, dont l’une était portée par l’accusé au moment de son interpellation. Interrogé par le tribunal, Mamadou Adama Barry a affirmé avoir accepté de transporter ces chaussures à la demande d’un ami, sans savoir qu’elles contenaient de la drogue. « Je suis venu en Guinée pour des vacances. Mon ami Oumar Diallo me demandait souvent quand je devais retourner en France. Il m’a demandé de transporter des chaussures pour lui, parce qu’elles coûtent moins cher ici qu’en France. J’ai accepté. Je ne savais pas qu’elles contenaient de la drogue. C’est seulement après mon arrestation que je l’ai compris », a-t-il déclaré. Le tribunal s’est toutefois interrogé sur certaines incohérences dans ses déclarations, notamment le fait que l’accusé portait lui-même l’une des paires de chaussures contenant la drogue. Pour se justifier, Mamadou Adama Barry a expliqué qu’il avait changé de chaussures à l’aéroport. « Les chaussures que je portais étaient sales. Alors j’ai décidé de mettre l’une des paires », a-t-il indiqué. Le président du tribunal a alors insisté : « Donc, même si ces chaussures ne vous appartenaient pas, vous les avez quand même portées ? » « Oui, le propriétaire était au courant », a répondu l’accusé. De son côté, le ministère public a également cherché à clarifier les responsabilités. « Cet acte doit être imputé à qui ? », a demandé le procureur. « À Oumar Diallo », a répliqué Mamadou Adama Barry. « Mais la drogue a été trouvée sur qui ? », a insisté le procureur. « Sur moi », a reconnu l’accusé. Lors des échanges, l’une des avocates de la défense a interrogé son client : « Si vous saviez que ces chaussures contenaient de la cocaïne, auriez-vous accepté de les transporter ? » « Non, jamais. J’ai accepté parce que c’était un service demandé par un ami », a-t-il répondu. À l’issue des débats, on est passé aux réquisitions et plaidoiries. Le ministère public, représenté par le procureur Moussa Kany Condé, a estimé que les faits étaient suffisamment établis et a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle contre l’accusé. Les avocates de la défense, Me Houleymatou Bah et Me Aïcha Lamine Fofana, ont pour leur part plaidé la clémence du tribunal, affirmant que leur client se serait retrouvé « au mauvais endroit au mauvais moment ». « S’il doit y avoir condamnation, nous sollicitons de larges circonstances atténuantes », ont-elles plaidé, tout en dénonçant des réquisitions qu’elles jugent excessives. « Permettez-lui de s’amender », a notamment plaidé Me Houleymatou Bah. Au terme des débats, le tribunal criminel de Mafanco, présidé par le juge Mamadou Chérif Diallo, a renvoyé l’affaire au 27 mars prochain pour le délibéré. Mariama Barry pour Guineematin.com

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