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Conakry : elle enlève un bébé d’un an, change son nom, avant d’être interpellée

2026-03-13 - 18:05

Poursuivie pour enlèvement et séquestration d’un enfant d’un an, Habibatou Sylla a comparu devant le tribunal correctionnel de Mafanco ce vendredi 13 mars 2026. Elle est accusée d’avoir enlevé un bébé et de l’avoir gardé avec elle pendant plus de cinq mois, avant d’être finalement interpellée, rapporte Guineematin.com à travers l’un de ses journalistes. Née en 1995 à Pita, Habibatou Sylla est détenue à la Maison centrale de Conakry depuis le 11 juillet 2025, date à laquelle elle a été placée sous mandat de dépôt. Selon les faits exposés à l’audience, la prévenue a pris l’enfant à Conakry alors que celui-ci jouait seul. Elle l’a ensuite emmené avec elle à Dubréka, préfecture proche de la capitale guinéenne, où elle l’a gardé pendant plusieurs mois. Elle serait même allée jusqu’à changer l’identité de l’enfant. Le petit garçon, qui s’appelait à l’origine Morlaye Touré, avait été rebaptisé « Ibrahima », apprend-on. La séparation avec sa famille a été si longue que, selon les explications données lors du procès, l’enfant n’aurait pas reconnu sa mère biologique lorsqu’il a été retrouvé. Interrogée à la barre, Habibatou Sylla n’a pas nié les faits. Elle a reconnu avoir enlevé le bébé, expliquant que son geste était motivé par un profond désir d’avoir un enfant. « J’avais des soucis parce que mon mariage était gâté. Un jour, je partais à Madina et j’ai vu un enfant, un petit garçon, qui était seul en train de pleurer. Je l’ai pris pour lui acheter du jus dans une boutique. J’ai continué ma route et je suis rentrée à Dubréka. Je l’ai pris parce que je n’avais pas d’enfant... Plusieurs mois après, une femme est venue taper à ma porte et m’a demandé si c’était moi, Habibatou. J’ai répondu par l’affirmative. Elle m’a demandé à qui appartenait cet enfant, j’ai répondu que c’était mon enfant. Elle était venue avec des gendarmes. C’est ainsi qu’on m’a interpellée », a-t-elle expliqué. Lors des débats, le procureur a demandé à la prévenue si elle voulait garder l’enfant définitivement et en faire le sien. « Oui, je voulais le garder. Je rêvais même de le scolariser au centre de KPC qui est à Dubréka, à côté de chez nous », a répondu Habibatou Sylla. « Si vous étiez à la place de la maman de l’enfant, qu’auriez-vous fait ? », poursuit le représentant du ministère public. « J’aurais pleuré jusqu’à perdre la vue », a-t-elle répondu. Même si la partie civile s’est désistée après avoir récupéré son enfant, le procureur Moussa Kany Condé a tenu à faire appliquer la loi. C’est pourquoi il a demandé au tribunal de déclarer la prévenue coupable des faits d’enlèvement et de séquestration et de la condamner à 10 ans d’emprisonnement ferme. De leur côté, les avocates de la défense, Maîtres Fatoumata Soriba Camara et Aïcha Lamine Fofana, ont plaidé la clémence du tribunal. « Elle a été abandonnée par son mari parce qu’elle n’arrivait pas à concevoir d’enfant. C’est cette situation qui l’a poussée à agir ainsi. Après avoir longtemps cherché sans en avoir, elle a vu en cet enfant celui qu’elle recherchait tant », a expliqué l’une des avocates. « C’est vrai qu’elle a commis un crime, mais accordez-lui une seconde chance. Le ministère public a requis 10 ans. Si vous suivez ces réquisitions, elle n’aura plus la chance d’avoir ce qu’elle désire tant. Accordez-lui de larges circonstances atténuantes et permettez-lui de réaliser son rêve d’avoir un enfant », a-t-elle ajouté. À l’issue des débats, le tribunal correctionnel de Mafanco, présidé par le juge Mamadou Chérif Diallo, a renvoyé l’affaire au 27 mars prochain pour rendre sa décision. Mariama Barry pour Guineematin.com

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