Conakry : jugé pour trafic de cocaïne, Aboubacar Cissoko clame avoir été « piégé »
2026-02-19 - 08:44
Incarcéré depuis le 19 novembre 2024 à la maison centrale de Conakry, Aboubacar Cissoko comparaissait ce mercredi, 18 février 2026, au tribunal de Mafanco. Il est poursuivi pour trafic international de stupéfiants et complicité, portant sur plus de 16 kilogrammes de cocaïne. À la barre, l’accusé, marchand ambulant de profession, a reconnu qu’une poudre blanche avait été extraite de sa valise à l’aéroport. Toutefois, il a fermement nié avoir eu connaissance de la présence de cette substance dans ses bagages, affirmant avoir été « piégé et trahi par des individus » qui ont abusé de sa confiance, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Selon les déclarations de Aboubacar Cissoko, la valise incriminée lui aurait été remise par un ressortissant Nigérian, dénommé Waki, qu’il connaissait comme client régulier de son commerce d’appareils électroniques. « Nous avions également l’habitude de nous croiser dans le même restaurant. En raison de nos relations cordiales, je lui ai confié mon projet de voyage vers l’Europe », a expliqué l’accusé. Il affirme avoir versé la somme de 25 millions de francs guinéens, soit l’équivalent de 3 500 euros, pour faciliter son départ. Peu avant le voyage, Waki lui aurait indiqué qu’il voyagerait en compagnie d’une certaine Fatou Sy, tout en lui conseillant de ne pas acheter de valise, promettant de s’en charger lui-même. « Lorsqu’il m’a remis la valise, elle était vide. J’y ai rangé mes vêtements et je l’ai fermée avec un cadenas », a-t-il relaté. Mais à l’aéroport, lors du contrôle de sécurité, les agents auraient détecté un objet suspect dans son bagage. Se disant convaincu de son innocence, Aboubacar Cissoko affirme avoir immédiatement autorisé la fouille, précisant qu’il voyageait avec Fatou Sy. C’est à ce moment, selon lui, que sa supposée compagne de voyage aurait profité de la confusion pour disparaître. « Malgré les recherches effectuées dans l’aéroport, elle est restée introuvable », a-t-il déclaré. Les agents auraient alors découpé les parois de la valise, découvrant la poudre blanche dissimulée à l’intérieur. « Si j’avais su que Waki était impliqué dans un trafic, je ne lui aurais jamais confié mon argent ni mon projet. Si j’avais su qu’il y avait de la drogue dans ma valise, je n’aurais jamais autorisé la fouille ni désigné ma compagne de voyage », a-t-il soutenu devant le tribunal. De son côté, le procureur de la République, Ibrahima Kanfory Camara, a indiqué que Dame Fatou Sy — également connue sous le prénom de Fatoumata — aurait été citée par plusieurs détenus dans différentes affaires de trafic international de drogue. Il a précisé qu’elle est actuellement incarcérée à la Maison centrale dans le cadre d’une autre procédure et a sollicité sa comparution en qualité de témoin dans le présent dossier, si elle n’est pas déjà poursuivie dans cette affaire. Une demande à laquelle l’avocat de la défense n’a formulé aucune objection. Après avoir entendu les différentes parties, le juge a renvoyé l’affaire au 24 février 2026 pour la comparution de Fatou Sy en tant que témoin. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com