Conakry : Marcelline Lamah condamnée à 4 quatre ans pour trafic de cocaïne
2026-02-20 - 08:35
Jugée pour trafic international de stupéfiants, Marcelline Lamah a été reconnue coupable par le tribunal de première instance de Mafanco. La juridiction l’a condamnée, ce mercredi 18 février 2026, à quatre ans de réclusion criminelle pour avoir tenté d’acheminer 890 grammes de cocaïne dissimulés dans ses parties génitales. Des faits qu’elle avait reconnus à la barre tout en sollicitant la clémence du tribunal, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. L’accusée Marcelline Lamah est placée sous mandat de dépôt depuis le 6 janvier 2025 à la maison centrale de Conakry. A la barre, elle a reconnu les faits. Elle a expliqué avoir introduit plusieurs boulettes de cocaïne dans ses parties génitales avant d’être interpellée à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré. Puis, elle a détaillé les circonstances de l’opération, affirmant avoir agi sous les instructions d’un individu qui lui aurait fourni un lubrifiant pour faciliter la dissimulation de la drogue. « Il m’a ordonné d’introduire ou d’avaler les 72 boules. Il m’a fourni un lubrifiant pour faciliter l’opération. Sans réfléchir, j’ai commencé à introduire quelques boules dans mon vagin à l’aide du lubrifiant, et ce, dans un lieu public à l’aéroport, un petit couloir situé derrière les cambistes, souvent utilisé par les passants pour uriner. C’est dans cette opération que j’ai constaté que j’ai commencé à saigner. J’ai alors dit à l’homme que je ne pouvais plus continuer car j’avais trop mal. Il m’a alors conseillé de dissimuler le reste dans mon collant et le reste dans mon sac, une fois à l’intérieur de l’aéroport. Je suis me retournée dans l’aéroport et j’ai passé le scanner sans être interceptée ». Cependant, tout ne va pas se passer comme prévu. « Mais, prise de panique, mon sac est tombé. Une dame s’est approchée pour me demander si je n’allais pas bien. J’ai répondu : non ! Alors, elle m’a suggéré si j’ai quelque chose sur moi de lui remettre en m’assurant qu’elle ne me ferait aucun mal. Voulant désespérément me débarrasser de ce fardeau, je lui ai remis les boules que j’avais cachées dans mon collant, car je me sentais déjà mal à l’aise avec ça. J’ai sorti de mon collant ces boules pour remettre à l’agente. C’est à ce moment qu’un autre homme est intervenu, affirmant que le même produit se trouvait aussi dans mon sac à main parce que c’était emballé avec de l’aluminium. Ignorant encore la gravité de la situation, j’ai réclamé mon sac et mon portefeuille à l’agent pour ne pas rater mon vol. L’homme m’a alors répondu : si tu savais dans quoi tu t’es mise, tu n’agirais pas ainsi. On t’a arrêtée avec de la cocaïne. J’ai crié... car je ne savais pas que c’était de la cocaïne que je transportais. C’était mon deuxième voyage pour la Tunisie. Lors du premier, j’avais échoué à traverser vers l’Europe, et je ne voulais pas échouer cette fois-ci. Au lieu des 1 000 euros promis je n’ai trouvé que 350 euros après avoir compté l’argent dans le portefeuille. J’ai voulu aller en aventure en Europe à la recherche d’un avenir meilleur pour mon fils et ma famille », a-t-elle déclaré. Lors des réquisitions, le procureur Ibrahima Kanfory Camara avait requis dix ans de réclusion criminelle assortis d’une amende de 500 millions de francs guinéens. La défense, pour sa part, avait plaidé l’existence de circonstances atténuantes. Présidé par Souleymane Traoré, le tribunal criminel de Mafanco a finalement retenu la culpabilité de Marcelline Lamah pour trafic international de stupéfiants et l’a condamnée à quatre ans de réclusion criminelle. La juridiction a également ordonné la destruction du scellé, comprenant les 890 grammes de cocaïne saisis. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com