Conakry : Michel Sylla condamné pour abus de confiance et abus de biens sociaux au préjudice de Cinpex
2026-02-03 - 09:18
Le procès de Michel Sylla, poursuivi pour escroquerie, abus de confiance et abus de biens sociaux, s’est achevé ce lundi 2 février 2026 au tribunal de première instance de Kaloum. À l’issue des débats, le prévenu, qui comparaissait libre, a été reconnu coupable des faits d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux, mais relaxé du chef d’escroquerie. Le tribunal l’a condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 17 mois assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui à l’audience, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Michel Sylla était poursuivi à la suite d’une plainte déposée par sa marâtre, dame Mariama Dalanda Diallo, constituée partie civile. Elle l’accuse d’avoir détourné la société Cinpex, laissée par son défunt époux Philippe Sylla. Selon la plaignante, Michel Sylla aurait « complètement dépouillé » la société Cinpex en détournant à son profit personnel les fonds, le siège, les clients et les partenaires de l’entreprise. Elle affirme qu’il aurait ensuite créé une nouvelle société dénommée Chinfo Express, vers laquelle il aurait transféré les fonds et les contrats de Cinpex. Dans ses réquisitions, la procureure Djénè Cissé avait demandé au tribunal de retenir Michel Sylla dans les liens de la prévention d’abus de biens sociaux, en le condamnant à deux ans d’emprisonnement, dont un an et six mois avec sursis, assortis d’une amende de 50 millions de francs guinéens. Sur l’action civile, le ministère public avait également requis le paiement de 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. De son côté, la défense a plaidé la non-culpabilité de son client, sollicitant sa relaxe pure et simple pour délits non constitués. Les avocats ont soutenu que Michel Sylla avait été désigné co-gérant de la société Cinpex par son défunt père et qu’il avait agi dans le cadre de ce mandat. Ils ont également expliqué que la création de la société Chinfo Express Sarl s’était faite dans les règles, à la suite d’un appel d’offres lancé par VistaGui, remporté légalement par cette nouvelle entreprise. La défense a nié tout transfert frauduleux de fonds ou de contrats de Cinpex vers Chinfo Express. Après délibération, le tribunal a estimé que les faits d’escroquerie n’étaient pas établis à l’encontre de Michel Sylla. En revanche, il l’a reconnu coupable d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux. Sur l’action civile, Michel Sylla a été condamné à verser à la partie civile 52 millions de francs guinéens à titre principal et 120 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. Le tribunal lui a également interdit, pour une durée de trois ans, d’exercer certaines fonctions, notamment celles de témoin, tuteur, conseiller ou administrateur général de société, ainsi que de détenir une arme. Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com Tel :620 589 527/664 413 227