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Conakry : Opinel 12 et les membres du groupe Sagatala condamnés pour “incitation de mineurs à la débauche et injures publiques”

2026-02-24 - 13:35

Le procès des rappeurs Opinel 12 et les membres du groupe Sagatala a connu son épilogue ce mardi, 24 février 2026, devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Les prévenus (Mohamed Salif Bangoura alias Opinel 12, Abdoulaye Aziz Diallo et Nahmir Sow) ont été reconnus coupables des faits poursuivis à leur encontre : incitation de mineurs à la débauche et injures publiques. Ils ont écopé de 3 ans de prison assortie de sursis, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Interpellés puis placés sous mandat de dépôt à la suite de leur convocation, le 17 février dernier, par l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), les artistes étaient détenus à la maison centrale depuis le 18 février dernier. Les poursuites font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’un « clash » musical jugé injurieux, attentatoire aux bonnes mœurs et susceptible d’inciter des mineurs à la débauche. À la barre, Mohamed Salif Bangoura alias “Opinel 12” âgé de 20 ans, ainsi que les membres de Sagatala : Abdoulaye Aziz Diallo (23 ans) et Nahmir Sow (22 ans) ont reconnu les faits mis à leur charge devant cette juridiction. Tous ont expliqué s’être laissés emporter par l’euphorie et l’ampleur prise par leurs publications sur les plateformes numériques. Opinel 12 a indiqué que les échanges avaient commencé par de simples piques musicales avant de dégénérer sous l’effet de la viralité sur Facebook. Il affirme regretter sincèrement les propos tenus et sollicite le pardon du public. « Nous nous sommes lancés des piques musicales injurieuses. Ce n’était, au départ, qu’un simple clash. Malheureusement, nous nous sommes laissé emporter par l’ampleur que prenaient nos extraits et nos singles sur nos pages Facebook. Tout a commencé avec le groupe Sagatala, mais ce sont les fans qui ont envenimé la situation. Ce sont souvent eux qui créent des fossés entre les artistes. Aujourd’hui, je regrette sincèrement ce qui s’est passé et demande pardon », a-t-il déclaré. De son côté, Abdoulaye Aziz Diallo a admis avoir dépassé les limites en répondant aux attaques par des injures, invoquant l’influence des réseaux sociaux. Il a reconnu une erreur et exprimé ses regrets. « Nous nous sommes simplement lancé des clashs, mais nous avons dépassé les limites en tombant dans l’injure. C’était une erreur. C’est l’influence des réseaux sociaux qui nous a poussés à agir ainsi. J’ai adressé des piques injurieuses à Opinel 12 en guise de droit de réponse à ses propres attaques. Aujourd’hui, je le regrette sincèrement », a-t-il confié. Abondant dans le même sens, Nahmir Sow, étudiant en génie informatique, a expliqué que la montée en puissance du clash et la pression liée à la visibilité en ligne les avaient poussés à franchir la ligne rouge. Il affirme éprouver de la honte face à la déception de leurs proches et de leurs fans, promettant des excuses publiques. « La musique est ma passion, mais aussi un moyen de gagner ma vie. Tout se passait bien dans nos clashs, mais avec l’ampleur et l’euphorie du moment, nous nous sommes laissé emporter et avons proféré des injures dans nos piques. Aujourd’hui, j’ai honte et je regrette mon acte. J’étudiais mais j’ai dû arrêter mes études universitaires après le décès de mon père qui payait mes frais de scolarité, car j’étudiais le génie informatique dans une université privée. A la base, le Rap, c’est le clash, mais nous avons débordé avec nos injures qui ont choqué nos fans et nos parents, qui sont aujourd’hui déçus de nous. Nous promettons de présenter des excuses publiques sur nos différents canaux, car nous regrettons sincèrement ce qui s’est passé », a-t-il dit. Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les deux infractions étaient constituées et a demandé au tribunal de retenir les prévenus dans les liens de la culpabilité, en sollicitant une peine d’un an d’emprisonnement assortie de sursis. Après avoir entendu les parties, le tribunal, présidé par la juge M’balou Traoré, a finalement condamné les trois artistes à trois ans de prison avec sursis et à une amende d’un million de francs guinéens chacun. Ils ont en outre été enjoints de présenter des excuses publiques sur leurs différents canaux de communication et de se faire raser les dreadlocks. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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