Conakry : quand des femmes choisissent l’électricité du bâtiment pour construire leur avenir
2026-03-13 - 23:15
Dans un secteur largement dominé par les hommes, certaines femmes font le choix d’exercer des métiers techniques souvent considérés comme difficiles. À l’occasion du mois de mars consacré aux droits des femmes, l’un de nos reporters est allé à la rencontre de jeunes Guinéennes qui ont décidé de se lancer dans l’électricité du bâtiment, un domaine où la présence féminine reste encore très rare. Entre passion, détermination et obstacles du terrain, elles racontent leur parcours et leur combat pour s’imposer dans ce métier, rapporte Guineematin.com à travers l’une de ses journalistes. Pour Aïcha Banamou, ce choix est né après plusieurs tentatives infructueuses au baccalauréat. Plutôt que de baisser les bras, elle a décidé d’emprunter une autre voie pour construire son avenir. Aïcha Bonamou, électricienne « J’ai tenté le bac quatre fois, ça n’a pas marché. J’ai décidé maintenant de faire un travail, un travail d’homme que les filles hésitent toujours à faire. Je voulais être particulièrement différente des autres filles. » Refusant de se limiter aux métiers traditionnellement associés aux femmes, elle explique avoir volontairement choisi un domaine différent. « Je ne voulais pas être tailleur ni coiffeuse, donc j’ai décidé de faire ça. » Mais sur le terrain, les défis sont nombreux. L’électricité du bâtiment exige des efforts physiques et comporte également des risques. « Les difficultés qu’on rencontre ici, c’est souvent de monter à l’échelle, de porter des charges lourdes. En plus, nous avons un manque de matériel, il y a aussi des blessures. Donc, ce n’est pas facile du tout. » Malgré ces difficultés, elle estime qu’il est essentiel pour les femmes d’apprendre un métier afin d’assurer leur avenir. « S’asseoir seulement à la maison, ce n’est pas facile. Ou s’accrocher seulement à l’école, ce n’est pas facile. C’est pourquoi il faut choisir un métier pour assurer son avenir. » Elle souligne également que les femmes peuvent contribuer au soutien de leur foyer. « Si tu as un homme et que tu es assise à la maison pendant qu’il travaille, ce n’est pas joli à voir aussi. Il faut aider. » De son côté, Mabinty Sylla explique que sa vocation pour ce métier remonte à son enfance. Très tôt, elle s’est imaginée devenir électricienne et a orienté ses études dans ce sens. Mabinty Sylla, électricienne « Ce qui m’a motivée à être électricienne, depuis que j’étais petite, je rêvais d’être électricienne. Je me suis dit tout le temps : une fois que j’arrive au lycée, je ferai les sciences Maths pour que je puisse être un jour électricienne de bâtiment. » Au fil des années, cette ambition s’est transformée en véritable passion. « Quand je vois souvent les filles monter sur les poteaux, ça m’a donné de l’émotion. J’avais beaucoup aimé. Et aujourd’hui, Dieu m’a aidée, je suis en train de réaliser mes rêves. » Cependant, les conditions de travail restent parfois difficiles, notamment à cause du manque de matériel sur les chantiers. « Nous avons beaucoup de difficultés dans les chantiers. Au niveau des matériaux, nous n’avons pas beaucoup de matériaux pour l’utilisation de différents appareils. » Malgré ces obstacles, elle adresse un message d’encouragement aux femmes, en particulier celles de Guinée. « Ce n’est pas du tout facile d’exercer un métier, de l’aimer et de le pratiquer. Ce n’est pas du tout facile. Mais Dieu a dit que tout ce que la femme veut, Dieu le veut. Il faut que nous soyons fortes dans tout ce que nous voulons faire dans la vie. » À travers leurs témoignages, ces femmes démontrent que les métiers techniques ne sont pas exclusivement réservés aux hommes. Avec courage et détermination, elles prouvent qu’elles peuvent, elles aussi, trouver leur place sur les chantiers et bâtir leur avenir grâce à leur travail. Hadiatou Barry pour Guineematin.com