Conflit foncier entre frère et sœur : le parquet requiert l’abandon des poursuites pénales
2026-03-05 - 08:35
Le dossier opposant Mamadou Saïdou Barry à sa sœur, Fatoumata Kanny Barry, pour des faits présumés de stellionat (vente d’une parcelle), s’est poursuivi mardi 03 mars 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn. À l’audience du jour, le ministère public a présenté ses réquisitions. Après avoir longuement exposé les faits et retracé les circonstances du litige familial né à la suite du décès de leur mère, le procureur a estimé que l’infraction de stellionat n’était pas constituée. Selon lui, les éléments du dossier révèlent davantage d’un conflit de nature civile qu’une infraction pénale, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Le ministère public a notamment rappelé que le prévenu a toujours nié avoir cédé une parcelle appartenant à sa sœur, soutenant que la cession incriminée aurait été effectuée par leur défunte mère avant son décès. Une attestation de cession datée du 22 janvier 2024 a été versée au dossier, bien que l’acte de décès de la mère remonte au 14 janvier 2024, soulevant ainsi de sérieuses zones d’ombre. Le transport judiciaire sur les lieux a également mis en évidence des incohérences, notamment entre les parcelles indiquées par la partie civile et les documents qu’elle détenait. Pour le ministère public, ces contradictions renforcent le doute sur la matérialité de l’infraction. « Nous disons que l’instruction a été complète. Ce transport judiciaire nous a permis de savoir que madame Fatoumata Kanny Barry est la sœur de Mamadou Saïdou Barry. Au décès de leur mère, madame Fatoumata Kanny a constaté le versement d’agrégats sur l’une des parcelles laissées par leur mère. Elle a appris que le domaine était scellé. Après les enquêtes, elle s’est rendu compte que c’est son frère Mamadou Saïdou Barry qui avait cédé la parcelle. Elle a donc initié une procédure pour stellionat. Interpellé et interrogé, tant à l’enquête préliminaire que devant vous, Monsieur Mamadou Saïdou Barry réfutait les faits de stellionat mis à sa charge. Il a indiqué n’avoir scellé aucune parcelle appartenant à Dame Fatoumata Kanny Barry. Il a indiqué que la cession dont il s’agit avait été préalablement effectuée par leur défunte mère avant son décès. Il a versé dans cette procédure une attestation de cession entre sa mère et une tierce personne, cette attestation qui date du 22 janvier 2024. Monsieur le Président, de propos en propos, le tribunal a estimé nécessaire de se déplacer sur les lieux pour constater non seulement l’existence de ces parcelles, mais également comprendre les tenants et les aboutissants de cette procédure. À l’occasion de ce déplacement, le tribunal a compris un certain nombre de choses ignorées jusque-là. À cette occasion, il a d’abord été question de demander à Dame Fatoumata Kanny, munie d’une attestation de cession en sa faveur, d’indiquer les lieux ; elle a indiqué deux parcelles qui ne correspondaient pas du tout au document qu’elle détenait. L’analyse du document versé ici par le prévenu nous a permis aussi de comprendre que l’acte de décès de leur mère était du 14 janvier 2024 et l’acte de cession versé au dossier au nom de celle-ci datait du 22 janvier 2024, donc quelques jours après le décès de cette dernière. Cette situation embarrassante nous laisse entendre que, de part et d’autre, il y a eu fausseté. De la fausseté, Monsieur le Président, parce que l’acte de cession dont se prévaut Madame Fatoumata Kanny Barry est intitulé « attestation de cession », qui est différente donc de la donation. Donc le premier élément de doute vient de cet élément... La solution de ce problème se pose beaucoup plus en matière civile qu’en procédure pénale. Nous pensons que l’infraction de stellionat ne tient pas », a conclu le procureur, sollicitant la relaxe pure et simple du prévenu et le renvoi des parties à mieux se pourvoir. De son côté, Mamadou Saïdou Barry a exprimé sa volonté d’apaisement : « Tout ce qui peut calmer le cœur de ma sœur, je suis prêt à le faire pour qu’on sorte de cette affaire. » L’affaire a été mise en délibéré et la décision du tribunal est attendue pour le 17 mars 2026. Yayé Oumou Barry pour Guineematin.com