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Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie

2026-02-19 - 10:35

Le verdict a été prononcé ce jeudi, 19 février 2026, par le tribunal du district central de Séoul. L’ex-président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, a été déclaré coupable de rébellion, pour avoir imposé brièvement la loi martiale et envoyé l’armée au Parlement en décembre 2024. Par conséquent, il a été condamné à la prison à vie. Le parquet avait requis la peine de mort contre l’ancien dirigeant conservateur. Les faits remontent au 3 décembre 2024. Dans une allocution surprise, Yoon Suk-yeol décrète la loi martiale et ordonne le déploiement de troupes autour de l’Assemblée nationale, dominée par l’opposition libérale. Des soldats encerclent le bâtiment, tandis qu’un commandement spécial proclame des pouvoirs d’exception : suspension des activités politiques, contrôle des médias et possibilité d’arrestations sans mandat. Selon le juge Jee Kui-youn, cette décision constituait une tentative illégale de s’emparer de l’Assemblée, d’arrêter des responsables politiques et d’établir un pouvoir exécutif sans contrepoids pour une période jugée considérable. Le tribunal a estimé que la mobilisation des forces militaires et policières caractérisait le crime de rébellion, passible des peines les plus lourdes du droit pénal sud-coréen. La loi martiale n’aura finalement duré qu’environ six heures. Malgré le blocus militaire, un nombre suffisant de députés parvient à pénétrer dans l’hémicycle et vote à l’unanimité la levée de la mesure, contraignant le chef de l’État à faire marche arrière. La séquence a ouvert une crise politique majeure. Yoon Suk-yeol est suspendu de ses fonctions le 14 décembre 2024 après un vote de destitution des législateurs. En avril 2025, la Cour constitutionnelle confirme sa révocation, le démettant définitivement de ses fonctions. Arrêté en juillet 2025, l’ancien dirigeant conservateur comparaissait détenu. Âgé de 65 ans, il a toujours nié tout acte répréhensible, affirmant avoir agi pour « préserver la liberté » et contrer ce qu’il qualifiait de « dictature législative » de l’opposition parlementaire. Yoon Suk-yeol devient ainsi le cinquième chef d’État sud-coréen condamné par la justice depuis 1996. Toutefois, la tradition politique du pays montre que d’anciens présidents condamnés ont parfois bénéficié de grâces ou d’aménagements de peine sous des gouvernements ultérieurs. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tel : 622 97 27 22

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