CRIEF : l’État guinéen réclame 500 milliards GNF à l’ancien ministre Dr Mohamed Diané
2026-03-05 - 13:15
Le procès en appel de Dr Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale, tire à sa fin. Les parties concernées ont procédé aux plaidoiries et réquisitions ce jeudi 5 mars 2026 devant la chambre des appels de la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières). Prenant la parole en premier, la partie civile a demandé à la Cour de déclarer le prévenu coupable des faits mis à sa charge et de confirmer sa condamnation en première instance. Pour Me Pépé Antoine Lama, l’un des avocats de l’Agent judiciaire de l’État, partie civile dans cette affaire, le dossier Mohamed Diané est l’une des affaires « les plus nourries en matière de preuves ». Selon lui, le rapport de l’Inspection d’État révèle plus de 500 milliards de francs non justifiés entre les crédits reçus par le ministère de la Défense nationale sous le magistère de Mohamed Diané et les dépenses effectuées. Poursuivant, l’avocat souligne que le prévenu s’est taillé « une fortune impossible, un patrimoine inexplicable ». « Avec un salaire de 13 millions de francs guinéens, M. Diané a réussi à se bâtir un puissant empire financier, un empire immobilier », a-t-il déclaré, ajoutant que « ce patrimoine ne peut pas être expliqué par les revenus du prévenu depuis son engagement à la Fonction publique en tant qu’enseignant-chercheur, puis député à l’Assemblée nationale et ministre proche du président Alpha Condé ». La partie civile estime que la différence entre les revenus de Dr Mohamed Diané et son patrimoine « n’est pas importante, elle est abyssale ». Et c’est la raison pour laquelle, soutient Me Pépé Antoine Lama, que le prévenu a opté pour le silence devant la chambre de jugement de la CRIEF et que ses avocats ont boudé le procès. « Le silence n’est pas pas neutre, il a sens. Lorsque la justification n’est pas possible, il faut opter pour le silence, c’est un aveu de culpabilité », estime cet avocat de l’État guinéen. Après avoir longuement étalé les faits qui prouvent, selon lui, la culpabilité du prévenu, Me Pépé Antoine Lama a demandé à la Cour de confirmer la culpabilité du prévenu pour les faits de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Mais aussi d’infirmer partiellement le jugement rendu en première instance, parce qu’il a exclu les biens placés sous le nom de son épouse et d’autres personnes ; de valider les mesures conservateurs entreprises ; d’ordonner la confiscation de tous les biens du prévenu et de le condamner au paiement de 500 milliards de francs guinéens à l’État. En première instance, Dr Mohamed Diané avait été condamné, le 18 décembre 2024, à 5 ans d’emprisonnement ferme, plus le paiement de 5 milliards de francs guinéens d’amende, de 5 000 milliards de francs guinéens à titre principal, ainsi que de 500 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen. La Cour avait également ordonné la confiscation de plusieurs biens immobiliers et non immobiliers appartenant à l’ancien ministre de la Défense nationale. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62