Décès de deux femmes après une intervention chirurgicale à Kankan : les suspects poursuivis pour usurpation de fonction et meurtre (Parquet)
2026-02-10 - 17:48
Quelques semaines après le décès de deux femmes à la suite d’interventions chirurgicales pratiquées dans des cliniques clandestines à Kankan, le parquet du tribunal de première instance sort de son silence. Ce mardi, 10 février 2026, le procureur Fodé Bintou Keïta a apporté des précisions sur la procédure judiciaire engagée contre les présumés auteurs et leurs complices, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan. Revenant d’abord sur la qualification juridique des faits et la responsabilité pénale des mis en cause, le parquetier a tenu à lever toute équivoque sur la nature des infractions retenues. « Quand ces dames ont perdu la vie dans cette clinique clandestine, le procureur général près la Cour d’appel de Kankan avait porté à ma connaissance la commission de cette infraction. Mais je rappelle qu’à date, depuis cette opération mal maîtrisée, les suspects qui sont à la base de la commission de cette infraction sont poursuivis pour des faits d’usurpation de fonction et des faits de meurtre. Ils ne peuvent pas se prévaloir de l’homicide involontaire, à partir du moment où le résultat ayant conduit à la mort est directement lié à des actes qu’ils ont posés sans qualité légale. S’ils avaient eu la compétence et l’autorisation requises, on aurait pu parler d’homicide involontaire. Mais dans ce cas précis, ceux qui ont posé l’acte n’avaient ni la permission ni la compétence. Il n’y a donc aucune excuse légale. Ces personnes sont poursuivies pour meurtre et usurpation de fonction. Elles ont malheureusement pris la poudre d’escampette, conscientes du caractère irrégulier, malsain et contraire aux lois de la République de leurs actes », a rappelé le procureur Fodé Bintou Keïta. Poursuivant, ce magistrat débout a rassuré l’opinion sur la détermination de la justice à faire aboutir la procédure, malgré la fuite des principaux suspects. « Dès que nous avons été saisis de cette information, des instructions ont été données aux officiers de police judiciaire, qui ont déjà entamé les enquêtes. Même si ces personnes sont aujourd’hui en fuite, la procédure va se poursuivre et rien ne l’arrêtera. Elles seront interpellées, ainsi que leurs complices, et traduites devant les juridictions compétentes », a-t-il assuré. Cette sortie judiciaire intervient dans un contexte de forte indignation de l’opinion publique, alors que les autorités judiciaires et administratives multiplient les actions pour lutter contre la prolifération des cliniques clandestines dans la région. De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com