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Détention préventive, conditions carcérales, protection des libertés… le nouveau ministre de la Justice annonce ses priorités

2026-02-04 - 18:39

À l’occasion de son installation à la tête du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, le nouveau Garde des Sceaux a annoncé les grands axes de sa gouvernance. Selon Ibrahima Sory 2 Tounkara, sa son action tournera autour de cinq piliers prioritaires, incluant notamment la lutte contre la détention préventive prolongée, l’amélioration des conditions carcérales ou encore la protection des libertés fondamentales. « Mon action s’articulera autour de cinq mouvements structurants. Premier engagement, une politique pénale responsable et humaine : le respect strict des délais légaux, la réduction raisonnée de la détention provisoire, la promotion effective des alternatives à l’incarcération. Deuxième engagement, la dignité carcérale : la lutte méthodique contre le surpeuplement, l’amélioration des conditions de détention, la modernisation de la gestion pénitentiaire. Troisième engagement, la formation initiale : institutionnalisation de la formation continue, valorisation de l’éthique, de la déontologie et des droits de l’homme. Quatrième engagement, les droits de l’homme comme boussole : la protection effective des libertés fondamentales, l’accès équitable à la justice, la prévention des violations des droits de l’homme. Cinquième engagement, les infrastructures : modernisation et cohésion, réhabilitation des juridictions, la digitalisation progressive des procédures et la gouvernance judiciaire fondée sur le dialogue et la responsabilité partagée », a annoncé le ministre. Longtemps décriée au sein de l’opinion publique, la justice guinéenne se trouve aujourd’hui au cœur des attentes. Et le nouveau chef du département entend bien redorer son blason. « La justice guinéenne, à tort ou à raison, est, nous le savons tous, décriée et cataloguée. Il nous revient à nous les acteurs d’inverser cette tendance, dans le but de l’instauration d’une véritable justice respectueuse des droits de l’homme. Une justice respectueuse des droits de l’homme, c’est cette justice qui consacre le droit d’être jugé publiquement, dans un délai raisonnable et par un tribunal indépendant et impartial. Une justice respectueuse des droits de l’homme, c’est aussi cette justice qui repose sur la présomption d’innocence jusqu’à l’établissement légal de la culpabilité. Une justice respectueuse des droits de l’homme est également cette justice dans laquelle le droit à un avocat et le droit aux contradictoires sont garantis. Aussi, une justice respectueuse des droits de l’homme, c’est cette justice dans laquelle le principe d’égalité de tous les citoyens est garanti. Enfin, une justice respectueuse des droits de l’homme, c’est cette justice au niveau de laquelle le droit au recours est effectif », a souligné M. Tounkara. Il appelle donc l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire ainsi que les partenaires institutionnels à s’engager dans cette nouvelle dynamique et travailler en étroite collaboration afin de bâtir une justice intègre, performante et respectée. « Comme vous le savez bien, aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse. J’en appelle aux magistrats, aux greffiers, aux avocats, aux officiers de justice, aux notaires, aux commissaires-priseurs, aux officiers de police judiciaire, aux personnels administratifs et à tous les cadres du ministère de la Justice, mais aussi aux partenaires institutionnels, pour bâtir ensemble une justice intègre, performante et respectée. La justice n’appartient pas à un homme, elle appartient à la République, elle appartient au peuple », a-t- rappelé Ibrahima Sory 2 Tounkara. Moussa Konaté pour Guineematin.com Tél :(+224) 621016809

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