Détournement de deniers publics et enrichissement illicite : la CRIEF blanchit Ibrahima Kourouma et ordonne sa libération
2026-02-17 - 14:15
La Chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) représentée à cette audience par Francis Kova Zoumanigui a rendu ce mardi, 17 février 2025, une décision très attendue dans le dossier de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kourouma. La juridiction spéciale a infirmé la précédente décision et renvoyé les deux prévenus Ibrahima Kourouma et Mohamed V Sankon des fins de la poursuite pour délits non constitués, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Placée en détention à la Maison centrale de Conakry depuis le 21 avril 2022, Ibrahima Kourouma était poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics et enrichissement illicite avec Mohamed V Sankon, comptable au moment des faits au sein du ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation. Selon l’ordonnance de renvoi, les poursuites portaient sur des montants présumés non justifiés s’élevant à 612 520 504 000 francs guinéens et 12 millions de dollars américains. Les faits reprochés concernaient notamment des décaissements liés aux examens nationaux, aux rentrées scolaires, ainsi qu’à la construction et à la rénovation d’infrastructures éducatives sur la période 2011-2014. Parmi les montants évoqués figurent 232 109 400 449 francs guinéens et 225 942 780 253 francs guinéens, supposément engagés pour des dépenses éducatives. À la barre, Ibrahima Kourouma, seul entendu lors de l’une des audiences clés, avait rejeté en bloc les accusations. Il avait soutenu n’avoir jamais pris connaissance des documents évoqués et s’être limité à son rôle d’ordonnateur, affirmant n’avoir jamais été confronté à des irrégularités concernant l’utilisation des fonds incriminés. Le 14 mai 2025, la chambre de jugement de la CRIEF avait pourtant rendu un verdict contrasté. Si elle avait relaxé l’ancien ministre pour les faits de détournement de deniers publics, elle l’avait en revanche déclaré coupable d’enrichissement illicite. Il avait alors été condamné pour ces faits d’enrichissement illicite à quatre ans d’emprisonnement ferme, au paiement d’une amende de 3 milliards de francs guinéens et à 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts en faveur de l’État guinéen. La juridiction avait également ordonné la confiscation de ses biens. De son côté, le comptable Mohamed V Sankon, qui comparaissait libre, avait obtenu une relaxe pure et simple pour délits non établis à son égard. Contestant cette condamnation, Ibrahima Kourouma avait interjeté appel avec le ministère public. La Chambre des appels, dirigée par le président Francis Kova Zoumanigui, après avoir examiné minutieusement le dossier, a finalement infirmé la décision entreprise par la chambre de jugement en toutes ses dispositions. Les deux prévenus ont été renvoyés des fins de la poursuite pour délits non constitués à leur encontre. Cette décision met un terme judiciaire à l’un des dossiers emblématiques instruits contre d’anciens hauts responsables du régime d’Alpha Condé, dans un contexte de lutte que l’Etat guinéen dit vouloir afficher contre la corruption et les crimes économiques. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com