Détournement présumé à l’hôpital Ignace Deen : les inspecteurs détaillent leurs constats devant le tribunal
2026-02-25 - 17:35
Le procès du directeur général de l’Hôpital Ignace Deen, le professeur Dadhi Baldé, s’est poursuivi ce mercredi, 25 février 2026, devant le tribunal de première instance de Kaloum. Il est poursuivi aux côtés d’Oumar Yansané, agent comptable, et de Samuel Koundoua, directeur des affaires financières (DAF) de l’établissement. Les trois prévenus, qui comparaissent libres, sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur plus de 866 millions de francs guinéens. L’audience ce jour a été consacrée à la comparution des inspecteurs qui ont effectué le contrôle et découvert les faits présumés, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans cette procédure, l’Agence Judiciaire de l’Etat (AJE), constituée partie civile, reproche aux mis en cause un détournement estimé à plus de 866 millions de francs guinéens, au préjudice de l’État guinéen. Des accusations rejetées en bloc par les prévenus. L’audience de ce mercredi a été principalement marquée par les dépositions des inspecteurs ayant conduit la mission de contrôle au sein de l’hôpital. À la barre, Alhassane Barry, inspecteur général de contrôle, a expliqué que l’inspection avait été initiée par le ministère de la Santé. « Notre mission consistait à vérifier l’utilisation des crédits mis à disposition par l’État ainsi que la gestion des médicaments fournis par le ministère », a-t-il déclaré. Selon lui, les contrôles ont porté sur quatre lignes budgétaires : les contractuels, l’entretien et les réparations, l’achat et la fourniture de biens courants, ainsi que l’acquisition de produits pharmaceutiques. À l’issue des vérifications, l’équipe d’inspection dit avoir relevé plusieurs manquements. « Nous avons examiné les pièces fournies. Certaines ont été acceptées, d’autres écartées. Des bons de commande et de réception n’étaient pas conformes. Dans certains cas, des commandes ont été passées sans livraison effective », a-t-il précisé. L’inspecteur a également évoqué des dépenses engagées pour l’achat de médicaments qui, selon lui, n’ont jamais été réceptionnés par la pharmacie de l’hôpital. « Le récepteur n’a pas signé. Pour des ordinateurs incriminés, la dépense a été engagée en 2022, mais en 2023 aucun bien n’a été constaté. Pour nous, il n’y a rien », a-t-il affirmé devant le tribunal. Sur la même lancée, Celia Dounoh, inspecteur de contrôle de santé, a corroboré ces constats en soulignant l’irrégularité de certaines pièces comptables. « Ma mission était de trier, collecter et saisir les informations. Mais les documents transmis étaient irréguliers. On me dictait même des informations à introduire dans l’ordinateur », a-t-il soutenu. Au cours de l’audience, le contrôleur financier de l’hôpital Ignace Deen ainsi que le représentant de la Société Guinéenne d’Importation de Médicaments en Guinée (Soguiprem) ont également été entendus afin d’éclairer la juridiction sur les aspects financiers et logistiques du dossier. Au terme des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 11 mars 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats. Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com