Des victimes d’arnaque au Hajj 2026 toujours dans l’attente : le Secrétariat aux Affaires religieuses se justifie
2026-02-26 - 11:55
Le rêve d’accomplir le pèlerinage à La Mecque semble s’éloigner davantage pour certains fidèles guinéens. Victimes d’arnaques lors de l’organisation du Hadj précédent, en 2025, ces candidats espéraient bénéficier d’une prise en charge exceptionnelle pour l’édition 2026, conformément à un engagement pris au plus haut sommet de l’État. Des individus se présentant comme membres d’agences de voyages ou proches du président de la transition, Mamadi Doumbouya, avaient été accusés d’avoir escroqué plusieurs candidats au pèlerinage. Le Chef de l’État avait alors promis que les fidèles lésés pourraient effectuer le Hadj en 2026. Mais, à quelques mois des préparatifs, une catégorie de ces victimes affirme ne toujours pas être prise en compte et redoute de voir son rêve à nouveau compromis. Interrogé à son tour à ce sujet par un reporter de Guineematin.com, Dr Édouard Sagno, Chef de cabinet du Secrétariat général des Affaires religieuses, a apporté des précisions et défendu le rôle de son département dans la gestion du dossier. Dans son intervention, Dr Édouard Sagno a tenu à apporter des clarifications. Selon lui, seuls les dossiers officiellement déclarés par les canaux administratifs compétents ont été pris en compte. « On a pris en compte tous ceux qui étaient officiellement déclarés. Tous ceux qui ont été déclarés officiellement, à tous les niveaux, ont été pris en compte. Donc, j’ai appris qu’il y a le cas de ceux qui devaient passer par le Ghana. Mais eux, ils n’ont jamais été officiellement déclarés à notre niveau. Et en plus, c’était quoi ? Je crois une trentaine de personnes. Les gens qui ont été déclarés officiellement, ce sont les 532, les 630 cas officiels et les 416 par procédure. Voilà. Maintenant, comment voulez-vous que nous, on invente ? Nous, on reçoit des instructions, on nous dit ce qu’on doit faire. Mais quand une situation n’est pas déclarée officiellement, qu’elle n’est pas venue par les canaux officiels, on doit faire quoi ? Vous ne traitez que ce que vous avez en main. Voilà, mais c’est ce que moi je ne comprends pas. C’est-à-dire, par exemple, si cela ne dépendait que de nous, aujourd’hui, on aurait pu envoyer tous ceux qui veulent aller au Hajj. Mais quand on n’est pas saisi d’une situation officiellement, par les canaux officiels... et en plus, vous savez que le Hajj, ce n’est pas gratuit, il est payant. Même si nous, on les reçoit, qui va payer ? Et en plus, c’est une question de places. Déjà, il faut voir : quand on prend le lot de l’année dernière, ça fait plus de 1 000 personnes. Mais ces candidats de plus de 1 000 personnes-là, c’est une question de place. Le quota qui a été accordé à la Guinée n’a pas changé. Voilà donc le niveau où nous en sommes », a-t-il expliqué. Par ailleurs, Dr Edouard Sagno rappelle également que certains dossiers relèvent désormais de la justice. Ce qui empêche toute intervention administrative. « C’est très facile de nous accuser, mais nous, on est des exécutants, on ne peut pas inventer. On ne peut faire que ce qu’on nous a dit de faire. Est-ce qu’une seule fois on nous a dit de prendre la trentaine de personnes qui devaient passer par le Ghana ? Ça, c’était une escroquerie à ciel ouvert. Mais ce dossier, on n’a pas été saisi ; ils l’ont envoyé directement à la justice. Et vous savez qu’en vertu de la séparation des pouvoirs, nous, on est de l’exécutif. Quand le judiciaire se saisit d’un dossier, on ne peut rien faire là-dedans. Voilà, c’est comme ça. Donc, on n’a jamais été saisi du dossier de la trentaine de personnes refoulées l’année dernière et qui devaient transiter par le Ghana. Même si on était saisi de ça, Comment va-t-on les prendre en charge ? Puisque c’est payant, on les prend en charge comment ? Voilà, ce n’est pas une question légitime qu’il faut se poser ? », a lancé le Chef de cabinet. Face à la détresse exprimée par les victimes, Dr Sagno affirme comprendre leur souffrance, tout en soulignant les limites de son département. « Nous compatissons sincèrement à leur situation. Nous sommes de cœur avec eux. Mais nous ne disposons ni des moyens financiers ni du cadre administratif pour les prendre en charge », a-t-il conclu. Entre contraintes administratives, limites budgétaires et procédures judiciaires en cours, le sort de cette trentaine de candidats reste donc incertain. À défaut d’une décision de justice ou d’une mesure politique spécifique, ces fidèles pourraient voir, une fois de plus, leur rêve de pèlerinage reporté. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : (00224) 622 99 22 25