TheGuineaTime

Dissolution de partis politiques en Guinée : voici la voie à suivre pour être rétablis, selon un avocat

2026-03-08 - 22:45

Comme annoncé précédemment, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a dissous, vendredi dernier, 40 formations politiques guinéennes, dont les trois principaux du pays (UFR, UFDG, PDG-RDA, PUP et le RPG-Arc-en-ciel). Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Me Thierno Amadou Oury Diallo, avocat à la Cour, a indiqué la voie à suivre pour ces partis afin d’être rétablis dans leur droit, et les a invités à éviter toute forme de violence. « Un arrêté ministériel est un acte administratif qui peut être attaqué à travers un recours en annulation devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Si un parti politique estime qu’il a été dissous de façon arbitraire ou illégale par le ministre de l’Administration du Territoire, je pense qu’il n’y a pas lieu de sortir dans la rue ni de faire n’importe quelle manifestation. Il vaut mieux exercer le recours prévu par la loi devant la juridiction compétente pour être rétabli dans ses droits que de sortir dans la rue », insiste l’avocat. Toutefois, pour avoir gain de cause dans cette démarche, les partis politiques doivent être en conformité avec la loi. « S’ils n’ont pas réuni les conditions, ce serait une peine perdue pour ces partis politiques », rappelle Maître Diallo. À la question de savoir si la disparition de ces formations politiques contribue à restreindre la liberté d’expression, l’avocat explique qu’il n’en est rien. « Non, ce ne sont pas des médias. Mieux, ce ne sont pas toutes les formations politiques qui ont été dissoutes. Il faut également noter que cet acte administratif n’est pas définitif. Il est attaquable, s’ils le désirent bien sûr », a souligné ce membre du barreau. « Je pense que ces formations politiques disposent d’avocats-conseils qui sont en mesure d’exercer les voies de recours normales pour être rétablies dans leurs droits. Mais ce n’est pas une façon de restreindre le droit d’expression. Un parti politique, c’est pour éduquer ses militants, conquérir et exercer le pouvoir. Il faut souligner que la liberté de création de partis politiques n’est pas encore restreinte en République de Guinée. Toute personne ou toute association peut aujourd’hui créer un parti politique en adressant ses statuts et son règlement intérieur au ministère de l’Administration du Territoire », a-t-il expliqué. Maître Thierno Amadou Oury Diallo pense que la chance d’être rétablies n’est pas perdue pour ces formations politiques. « S’ils sont dans les conditions légales. Vous savez, parfois l’autorité peut se tromper. S’il se trouve que l’autorité s’est trompée, la Chambre administrative de la Cour suprême peut les rétablir dans leurs droits. La décision de la Chambre administrative sera exécutoire. Tous ces recours se font au niveau du ministère de l’Administration du Territoire, c’est-à-dire devant l’autorité qui a pris l’acte administratif en question. C’est en dehors de tous ces recours, ou après leur épuisement, qu’on peut attaquer devant la Chambre administrative de la Cour suprême en tant qu’acte administratif », a conclu cet avocat à la Cour. À quelles conditions un parti politique peut-il être dissous ? Selon

Share this post: