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Dr Ben Youssouf Keïta alerte sur l’automédication : « Ça peut vous provoquer de graves complications jusqu’à la mort »

2026-01-29 - 23:38

L’automédication est devenue une pratique courante dans nos sociétés, souvent banalisée, mais dont les conséquences peuvent être dramatiques. Se soigner soi-même, sans avis médical ni prescription appropriée, expose à de sérieux dangers, notamment chez les personnes souffrant de maladies sous-jacentes. Pour mieux comprendre les risques liés à ce phénomène de santé publique, un reporter de Guineematin.com est allé ce jeudi, 29 janvier 2026, à la rencontre du Docteur Ben Youssouf Keïta, directeur de la polyclinique BEST Médical Center. Ce professionnel de santé assure que loin d’être anodine, l’automédication peut aggraver certaines pathologies, en déclencher de nouvelles, voire entraîner la mort. «L’automédication c’est le fait de s’administrer soi-même les médicaments que vous-mêmes vous prescrivez, sans avoir recueilli l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin. Vous vous permettez, parce que vous avez des maux de tête ou parce que vous avez mal au ventre, de prendre à la maison quelques médicaments que ce soit... D’abord, tout médicament est un poison potentiel. Et c’est pour cette raison que vous remarquerez, sur les emballages, c’est écrit, ne pas laisser à la portée des enfants. Pourquoi ? Parce que c’est des dosages qu’il faille respecter. Supposons, on vous dit : prenez le paracétamol 2 le matin, 2 à midi, 2 le soir. Et bien, vous vous permettez 2 matin, 2 midi, 2 soir, 2 à la nuit, 2 en vous couchant. Vous risquez de faire un gros problème. Vous risquez d’avoir ce qu’on appelle une coagulation intravasculaire disséminée qui peut vous tuer. C’est un surdosage », a-t-il expliqué. Par ailleurs, Docteur Ben Youssouf Keïta a précisé que l’automédication peut provoquer ou aggraver d’autres pathologies. « Supposons que vous avez une gastrite. Vous allez prendre des médicaments sans l’avis de votre médecin, comme le diclofénac ou l’ibuprofène. Ça peut aller jusqu’à vous provoquer un saignement ou même une perforation gastrique. Parce que vous avez entendu parler du diclofénac, de l’ibuprofène, vous vous promettez d’aller en prendre. Et si par hasard vous avez une faiblesse au niveau de la mycose gastrique, ça peut vous provoquer de la gastrite d’abord, ça peut vous provoquer ensuite de l’ulcère et ça peut se compliquer par le saignement jusqu’à la perforation. Ça, c’est la première des choses. Je vous donne l’exemple du paracétamol. Supposons que vous avez un problème de foie, mais vous ne le savez pas. Vous êtes malade et vous allez prendre du paracétamol. Ça peut avoir des complications au niveau du foie. Supposons que vous avez un problème de coagulation sanguine. Vous ne le savez pas, alors vous prenez de l’aspirine. Ça va encore augmenter votre risque de saignement. Donc comme je l’ai dit, tout médicament est un poison potentiel. Si vous prenez plus que ce qu’il en faut, ce n’est pas comme le riz que vous mangez et que vous avez une colique. Si vous prenez les médicaments en surdosage, ça peut vous provoquer de graves complications jusqu’à la mort. Donc, l’automédication n’est pas du tout bonne », a-t-il indiqué. À la question de savoir s’il avait déjà été témoin de complications liées à l’automédication ou a enregistré des complications liées à cette pratique, ce professionnel de santé a évoqué un cas tragique où cette pratique a coûté la vie à un enfant. « J’ai 45 ans d’expérience, et j’en ai rencontré beaucoup. D’abord en tant qu’étudiant interne, ensuite médecin pratiquant spécialiste. Nous avons rencontré beaucoup de cas. Et nous avons vu des personnes mourir. Il y a un cas qui me reste toujours à la mémoire. C’est un garçon de salle qui travaillait avec nous dans une des grandes cliniques qu’on avait dans ce pays, à l’époque. Comme il voyait qu’on donne les médicaments. Lui aussi, son enfant est tombé malade avec un peu de fièvre, au lieu de l’envoyer à l’hôpital, il lui a donné le paracétamol. La dose était telle que l’enfant a fait une coagulation vasculaire interdisseminée. Partout, on voyait des taches, on voyait le sang. Et l’enfant en est mort. C’est ce qui me reste. La mort d’un enfant fait beaucoup plus mal que celle d’un adulte », a-t-il témoigné. En conclusion, le Docteur Ben Youssouf exhorte les citoyens à privilégier la prescription médicale afin de garantir leur sécurité sanitaire. « Nous avons des pharmaciens qualifiés un peu partout, en nombre suffisant. Nous avons des médecins qualifiés un peu partout, en nombre suffisant. Donc pardon, si vous vous sentez mal, allez voir un médecin ou un pharmacien et vous prescrire le médicament que vous devez prendre, la dose que vous devez prendre, selon votre âge, votre poids, votre taille », a-t-il conseillé. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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