Enseignants contractuels communaux non retenus : Elhadj Diaka Sow dénonce des irrégularités et interpelle l’État
2026-02-05 - 09:08
Le porte-parole national des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée, Elhadj Mamadou Diaka Sow, tire la sonnette d’alarme sur les difficultés persistantes liées à l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre l’intersyndicale de l’éducation et le gouvernement guinéen. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com ce mercredi 4 février, il a dénoncé des irrégularités majeures et appelé les autorités à une solution juste, inclusive et urgente pour des milliers d’enseignants toujours en attente d’intégration à la fonction publique. S’exprimant sur la situation actuelle, Elhadj Mamadou Diaka Sow rappelle que le protocole d’accord conclu entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation (FSPE, SNE et SLECG), sous la médiation du Conseil national du dialogue social (CNDS), prévoyait l’engagement direct à la fonction publique des enseignants contractuels communaux non retenus ayant effectué la pratique de classe et ayant été biométrisés. « Il était convenu que les enseignants contractuels communaux non retenus, après la remontée des listes par les DPE et les structures concernées, soient directement engagés à la fonction publique », souligne-t-il. Dans le cadre de la mise en œuvre du protocole, la création d’une commission mixte de travail était prévue. Une initiative initialement saluée par le collectif concerné, notamment après un courrier adressé par la Fonction publique aux syndicats signataires pour la désignation de leurs représentants. Cependant, la situation s’est rapidement envenimée après l’envoi d’un second courrier à une ex-coordination non signataire du protocole, que le porte-parole juge illégitime. « Cette décision a surpris et révolté tout le monde. Cette ex-coordination n’est plus concernée et a été à la base des problèmes que nous vivons aujourd’hui », déplore-t-il. Face à ce qu’ils considèrent comme une provocation, le collectif des enseignants contractuels communaux non retenus, soutenu par les syndicats signataires, a rejeté cette démarche. Des saisines ont été adressées aux autorités compétentes, aux syndicats et au CNDS. Parmi les principales revendications figure la participation de cinq représentants du collectif au sein de la commission afin d’examiner les listes et de produire une liste unique, consensuelle, préalable à l’arrêté d’engagement. À défaut, le collectif exige d’être associé aux travaux par l’intermédiaire des syndicats signataires. Par ailleurs, Elhadj Mamadou Diaka Sow accuse l’ex-coordination d’avoir, par le passé, renoncé à deux ans et six mois de salaires des enseignants contractuels, mais aussi d’avoir accepté l’engagement de 10 000 enseignants au détriment de 14 000, pourtant en situation régulière. Il dénonce également des pratiques jugées frauduleuses dans le paiement des primes exceptionnelles de six millions de francs guinéens, évoquant des paiements effectués au profit de personnes inexistantes dans la base de données, au détriment de véritables enseignants contractuels. « Dans plusieurs préfectures comme Boké, Macenta, Kissidougou ou Guéckédou, aucun enseignant concerné n’a reçu sa prime. Moi-même, en tant que porte-parole, je n’ai encore rien perçu », affirme-t-il, dénonçant une situation génératrice de frustration généralisée. Face à ces dysfonctionnements, le porte-parole interpelle directement l’État et les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République et le Premier ministre Amadou Oury Bah, garant du dialogue social. En outre, Elhadj Mamadou Diaka Sow plaide pour un règlement rapide du dossier, espérant une issue favorable avant le mois de Ramadan, afin que plus de 4 000 enseignants concernés soient rétablis dans leurs droits. Élargissant son plaidoyer, porte-parole national des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée appelle également à la prise en compte des enseignants non biométrisés mais pré-enrôlés, identifiés et détenteurs de contrats, ainsi que ceux disposant de numéros de dossiers. « Ces enseignants ont servi l’école guinéenne et disposent d’une expérience avérée, alors que le pays fait face à un besoin estimé à 18 000 enseignants », rappelle-t-il, plaidant également pour les enseignants de la zone spéciale de Conakry. Il conclut en appelant l’État à offrir à ces jeunes enseignants les moyens de continuer à servir l’école guinéenne « par patriotisme », à travers une prise en charge salariale et administrative effective. Jacqueline Kourouma pour Guineematin.com