Escroquerie au voyage : le procureur demande 3 ans de prison ferme et un mandat d’arrêt contre Mamadou Bah
2026-01-28 - 08:23
Mamadou Bah, jugé pour escroquerie portant sur plus de 500 millions de francs de guinéens, risque gros au tribunal de Dixinn. A l’audience correctionnelle du lundi, 26 janvier 2026, le parquet a requis sa condamnation à 3 ans d’emprisonnement et un mandat d’arrêt à son encontre. Les parties civiles dans ce dossier de voyage avorté réclament la restitution des montants présumés escroqués et une somme de 400 millions de francs guinéens de dommages et intérêts. Mais, Mamadou Bah est « en fuite », depuis qu’il a bénéficié d’une remise en liberté, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Mamadou Bah avait été interpellé le 23 janvier 2025 et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry. Au fil de la procédure, il a bénéficié d’une remise en liberté. Depuis lors, il ne s’est plus présenté aux audiences. Ce lundi encore, il a brillé par son absence. Selon les éléments du dossier, plusieurs personnes lui auraient remis des fonds pour un projet de voyage à l’étranger. Un projet qui ne s’est jamais réalisé. Plusieurs plaignants se sont manifestés dans cette affaire : Fatoumata Bah, qui affirme avoir versé 125 millions de francs guinéens ; Aladji Mamadou Wansan Bah, 85 millions GNF ; Mamadou Samba Barry, 99 millions GNF ; et Elhadj Alpha Saliou Barry, 20 millions de francs guinéens. A ces montants s’ajoutent 10 000 dollars américains perçus pour des démarches similaires. Le préjudice global est ainsi estimé à 554 millions de francs guinéens. Lors de sa comparution avant sa remise en liberté, le prévenu avait reconnu les faits, évoquant des retards imprévus qui auraient empêché la réalisation des voyages promis. À l’audience de ce lundi, l’avocat de la partie civile a présenté ses plaidoiries. Il a d’abord rappelé que Mamadou Bah a procédé à un remboursement partiel de 291 millions de francs guinéens. Il a ensuite demandé au tribunal de le condamner au paiement du reliquat, soit 263 millions de francs guinéens, correspondant au reste des sommes perçues auprès des différentes parties civiles. A titre des dommages et intérêts, l’avocat a sollicité la condamnation du prévenu au paiement de 400 millions de francs guinéens. Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par la procureure Joséphine Widoh Béavogui, a estimé que les faits d’escroquerie reprochés à Mamadou Bah sont suffisamment établis. Pour la répression, la procureure a requis sa condamnation à une peine de trois ans d’emprisonnement et demandé au tribunal de décerner un mandat d’arrêt contre lui. Après avoir écouté les parties, le tribunal, présidé par le juge Thierno Oumar Barry, a renvoyé l’affaire au 2 février 2026 pour rendre le verdict. Mariama Barry pour Guineematin.com