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Exploitation de l’or à Sanguiana (Kouroussa) : « Des produits chimiques particulièrement dangereux utilisés »

2026-03-02 - 10:06

À Bokoro, dans la commune rurale de Sanguiana, l’exploitation anarchique de l’or gagne du terrain et laisse derrière elle un environnement profondément dégradé. Sur ce site d’orpaillage artisanal, où des individus opèrent clandestinement, le constat est alarmant : des bourbiers à perte de vue et d’énormes cratères creusés à l’aide de machines de type « poclain » défigurent totalement le paysage. Alerté par la situation, le directeur préfectoral des Mines et de la Géologie de Kouroussa, David Oyé Guilavogui, accompagné d’une équipe de la gendarmerie, s’est rendu sur les lieux ce week-end pour constater l’ampleur des dégâts, rapporte un correspondant de Guineematin.com basé dans la Savane. Devant un site entièrement dévasté, le responsable préfectoral n’a pas caché son indignation face aux conséquences de cette exploitation incontrôlée. David Oyé Guillavogui, directeur préfectoral des Mines et de la Géologie de Kouroussa « Nous avons été informés qu’à Bokoro, des citoyens se livrent à l’exploitation anarchique de l’or à l’aide de machines et d’autres moyens inappropriés. C’est pourquoi le préfet a dépêché une mission composée de la gendarmerie et des responsables de la Direction préfectorale des Mines et de la Géologie pour effectuer un constat sur le terrain. À notre arrivée, nous avons confirmé la véracité des faits. Les méthodes d’exploitation utilisées ne respectent aucune norme. Les sites sont complètement dégradés et deviennent improductifs. Le plus préoccupant est que ces activités sont menées dans la clandestinité, avec l’usage de produits chimiques particulièrement dangereux », a-t-il déploré. Face à l’ampleur des dégâts, le spécialiste des mines appelle à des actions urgentes pour freiner cette pratique qui menace, selon lui, l’équilibre écologique et les activités agropastorales de la préfecture. « Aujourd’hui, nous faisons face à une dégradation alarmante de l’environnement. Si rien n’est fait pour mettre fin à cette exploitation clandestine, d’ici deux ou trois ans, nos terres risquent d’être totalement détruites. Cela aura un impact direct sur l’agriculture et l’élevage. Nous aurons de plus en plus de difficultés à disposer de terres cultivables et d’espaces pour nourrir le bétail. Il ne faut pas non plus négliger les effets climatiques. La forte chaleur ressentie en ce mois de Ramadan est aussi une conséquence de la déforestation progressive de notre écosystème », a-t-il souligné. De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com

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