Faux documents au Ministère des Affaires étrangères : un prestataire risque la prison, un complice introuvable
2026-03-27 - 09:32
Le procès de Lamba Distel Kanté, poursuivi pour faux et usage de faux, s’est poursuivi ce jeudi 26 mars 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. L’audience du jour a été consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries de la défense. Le parquet a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois assortis de sursis, ainsi qu’une amende de deux millions de francs guinéens, contre le prévenu, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Partie civile dans ce dossier, Mohamed Camara, directeur des affaires juridiques et consulaires du Ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, a sollicité la condamnation du prévenu au paiement d’un franc symbolique. Il reproche à ce dernier d’avoir établi de faux actes en imitant sa signature et le cachet du département. Ces accusations sont rejetées en bloc par le prévenu, placé en détention depuis le 29 septembre 2025. À la barre, il a expliqué avoir agi à la demande d’une connaissance qui souhaitait obtenir un certificat de célibat. Selon Lamba Distel Kanté, une dame nommée Sarah Sacko lui aurait demandé de l’aider à obtenir un certificat de célibat. Il affirme s’être rendu à la commune de Dixinn pour établir le document, avant de le remettre à Alphadio Cissé afin de le faire légaliser au Ministère des Affaires étrangères. « Je ne savais pas que la signature et le cachet du ministère avaient été imités. Depuis mon interpellation, je n’ai plus de nouvelles d’Alphadio Cissé », a-t-il déclaré devant le tribunal. Pour sa part, Mohamed Camara affirme que sa signature a été imitée à plusieurs reprises. Il dit avoir déjà déposé plainte contre X afin d’endiguer la prolifération des faux certificats. « Le certificat de célibat établi était faux. La dame était mariée. Je ne porte pas plainte pour nuire, mais il faut que ces pratiques cessent », a-t-il indiqué, tout en réitérant sa demande d’un franc symbolique. Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé au tribunal de retenir le prévenu dans les liens de la prévention. Outre la peine d’un an de prison, dont six mois avec sursis et l’amende de deux millions GNF, le parquet a également requis cinq ans d’emprisonnement contre Alphadio Cissé, en fuite, avec délivrance d’un mandat d’arrêt à son encontre. De son côté, la défense a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas établis contre son client. Elle a demandé la relaxe pure et simple de Lamba Distel Kanté. À titre subsidiaire, elle a sollicité une condamnation au temps déjà passé en détention. Au terme des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue pour le 9 avril 2026. Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com