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Fonction publique : Faya François Bourouno déplore “l’absence d’un mécanisme structurant dédié à la formation et à la qualification continue des agents”

2026-02-06 - 20:37

A l’occasion d’une cérémonie tenue dans l’après-midi de ce vendredi, 6 février 2026, Faya François Bourouno a officiellement pris les rênes du ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique. Il a été installé dans ses fonctions par le secrétaire général du gouvernement, en présence de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des cadres de l’administration publique. Un moment de solennité qu’il a mis à profit pour mettre en exergue les difficultés et les défis qui assaillent la fonction publique guinéenne. Il a aussi évoqué les avancées enregistrées ces dernières années dans ce secteur, tout en fixant le cap pour la dynamique qu’il compte insuffler à ce département. Faya François Bourouno a également annoncé pour “bientôt” le lancement d’un projet phare de logement de tous les fonctionnaires de l’État, a constaté Guineematin.com à travers une de ses équipes de reportage. A l’entame de son allocution, Faya François Bourouno a fait part de l’«immense fierté, doublée d’une profonde satisfaction et d’une grande humilité » qui l’habite dans ces premiers instants à la tête du ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique. Il aussi exprimé sa « haute reconnaissance » à l’endroit du Président Mamadi Doumbouya, pour la confiance placée en lui pour conduire les destinées de ce département, ainsi que son soutien constant dans la conduite des réformes. Des réformes qui, selon Faya François Bourouno, ont donné des bases sérieuses pour « construire une administration moderne, capable de répondre aux défis du développement national, aux bénéfices des citoyens et aux usagers du service public » en Guinée. S’adressant aux équipes qui l’ont accompagné ces derniers dans sa mission à la tête du défunt ministère du Travail et de la Fonction publique, Faya François Bourouno a loué le dynamisme et l’intégrité qui ont donné plus de vitalité à ce département. « Ensemble, nous avons mené une profonde transformation ayant abouti à des résultats concrets, notamment le recrutement de 20 000 nouveaux fonctionnaires selon des critères de transparence, de mérite et d’égalité des chances, et grâce à la digitalisation et à la montée en compétence des équipes. Ce processus modernisé du recrutement des agents de l’État crédibilise l’action de l’État. La gestion des ressources humaines de l’État s’est modernisée avec la création et la stabilisation du fichier unique de gestion administrative et de la solde (FUGAS), intégrant la gestion des soldes, le suivi administratif des dossiers, le contrôle financier et le portail pour la gestion et le suivi de la carrière des agents, mais aussi la formation en ligne. Aujourd’hui, nous sommes passés d’un délai de traitement des dossiers de trois à six mois en moyenne, à moins de 30 minutes. La maîtrise des effectifs et de la masse salariale a permis de générer une économie de 300 milliards de francs d’un an sur les trois années. Et aujourd’hui, je suis très heureux de vous annoncer le lancement récent d’un chatbot, un outil d’intelligence artificielle dénommé Fumba, qui facilite aujourd’hui la gestion de la plateforme FUGAS et qui permet d’interagir avec tous les agents de l’État », a-t-il dit. Grâce à ces réformes, assure Faya François Bourouno, plus de 3 300 agents fictifs ont été identifiés. Une situation qui a permis à l’Etat guinéen de faire une économie supplémentaire de 80 milliards de francs. « Nous avons également détecté 20 % des postes vacants dans les ministères... La gestion des câbles organiques et des fiches de poste est désormais stabilisée et dématérialisée. Tous les agents aujourd’hui dans les cabinets ministériels disposent de leurs fiches de poste. Celles des directeurs et des chefs de division sont en cours de finalisation. L’autre objectif, c’est que chaque agent public puisse désormais disposer d’une fiche qui clarifie ses responsabilités, sa hiérarchie, ses missions et ses obligations de résultat. Les conditions de vie des agents publics se sont améliorées avec la couverture médicale généralisée qui permet aujourd’hui de prendre en charge à hauteur de 80 % de la facture du diagnostic médical jusqu’à la pharmacie de tous les agents en activité malade, mais aussi ceux qui sont à la retraite. Nous avons contribué à améliorer les revenus des travailleurs de l’État avec une augmentation des salaires, notamment 35 % de la valeur monétaire du point d’indice et l’octroi de quatre échelons à partir de janvier 2025 », a-t-il indiqué. Par ailleurs, Faya François Bourouno a évoqué les “défis majeurs” qui entravent l’efficacité et la capacité de la Fonction publique à répondre aux ambitions de développement du pays, ainsi qu’aux attentes des citoyens. « Parmi ces difficultés, permettez-moi de souligner l’inadéquation de l’architecture administrative avec nos objectifs de développement, ce qui demeure préoccupant. Nous le savons tous, on a hérité d’une administration coloniale, calquée sur le modèle que nous connaissons tous. Cette situation est aggravée par la résistance de certains acteurs, y compris les gestionnaires publics eux-mêmes, face aux réformes que nous engageons, et la personnalisation de la gestion publique qui freine la modernisation des pratiques. La lourdeur administrative et la bureaucratie excessive ralentissent les processus, tandis que la faiblesse du système de décentralisation limite l’autonomie et la performance de nos collectivités. Aujourd’hui, nous avons 14 compétences transférées aux communes, 8 compétences transférées aux régions, mais on se pose la question, qu’en est-il du fonctionnement des collectivités décentralisées ? L’administration souffre d’une faible culture de performance, de redevabilité et de gestion axée sur les résultats... L’absence d’un mécanisme structurant dédié à la formation et à la qualification continue des agents limite la montée en compétences et leur adaptation aux évolutions », a-t-il déploré. Face à ces défis persistants, le ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique compte entreprendre des mesures et des actions d’envergures. « L’inadéquation entre les réformes administratives, la gouvernance financière et la gestion budgétaire de l’État constitue un autre frein notable, tout comme le faible niveau de digitalisation des services publics. Les inégalités persistent, il y a des problèmes d’incompréhension. C’est pour cela que nous pensons qu’aujourd’hui, il est important de faire de la modernisation de l’administration publique un levier essentiel pour réussir les objectifs de Simandou 2040. Et pour cela, nous allons faire du dialogue de la complémentarité et de l’interministérialité des chemins privilégiés afin de mettre un terme aux arbitrages répétitifs qui fragilisent l’efficacité de l’action publique. Nous procéderons à une réorganisation des services et des structures publiques à tous les niveaux dans le but de rendre notre architecture administrative légère, plus fonctionnelle, plus agile et plus efficiente. Afin de garantir une gestion publique plus efficace et conforme aux principes d’intégrité et de performance, nous accorderons une attention particulière au renforcement du rôle des inspections, l’inspection générale de l’administration publique, l’inspection générale des finances et les inspections sectorielles », a-t-il indiqué. En outre, Faya François Bourouno a annoncé pour “bientôt” le lancement d’un projet phare de logement de tous les fonctionnaires de l’État. « Notre stratégie de modernisation de l’administration reposera sur l’institutionnalisation du nouveau management public et de la gestion axée sur les résultats comme normes de conduite de l’action publique. Nous allons lancer très bientôt un projet phare de logement de tous les fonctionnaires de l’État. Et face à notre ambition de développement du capital humain, nous lancerons, et je présenterai devant le gouvernement très prochainement, un programme de recrutement pluriannuel pour combler les besoins dans le secteur de la santé et de l’éducation... Nous lancerons aussi un projet clé. Il s’agit de la mise en place du guichet unique du service public, avec des bornes qui seront installées dans toutes les communes de la Guinée pour faciliter l’accès au service public à toute la population guinéenne et à tous les usagers du service public », a-t-il déclaré. Yayé Oumou Barry et Thierno Hamidou Barry, pour Guineematin.com

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