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Forécariah : de lourdes peines requises contre Amadou Diallo et Cie pour vol à main armée, association de malfaiteurs

2026-03-06 - 10:25

Amadou Diallo, dit « Maoudho », jugé pour vol à main armée, destruction de bien public, association de malfaiteurs et détention illégale d’armes, a été reconnu coupable par le tribunal de Forécariah. Ses deux coaccusés, Mohamed Tall et Alya Kaké, en fuite, ont été également retenus dans les liens de la culpabilité. Le premier a écopé d’une peine de 25 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 15 ans. Quant aux deux autres, le tribunal a eu la main très lourde en les condamnant à perpétuité et décernant un mandat d’arrêt à leur encontre. La partie civile dans cette affaire est le Capitaine Moussa Sidibé, qui a perdu son fils Amara Sidibé, tué par balle au cours d’une opération effectuée par le trio à Maférinyah. Le verdict est tombé en début de semaine, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Forécariah. Le seul accusé présent dans ce dossier criminel, Amadou Diallo, dit « Maoudho », est en détention préventive depuis le 11 octobre 2024 à la maison d’arrêt de Forécariah. L’audience de ce lundi a connu la déposition du Capitaine Moussa Sidibé, partie civile dans cette affaire, qui explique les circonstances de la mort de son fils. « Le vieux (Maoudho, l’accusé présent, ndlr) a joué un double rôle. Il était le premier à aller casser la porte. Dès que les assaillants sont rentrés, ils ont ouvert le feu sur mon fils. Le premier coup, c’est le vieux ». Peu après ces déclarations, des images de vidéosurveillance et des photos ont été exhibées par le tribunal criminel, montrant comment les assaillants ont pu pénétrer dans la concession jusqu’à ouvrir le feu sur le fils du capitaine Moussa Sidibé. Une photo d’Amadou Diallo dit « Maoudho » sur les lieux a également été exhibée, où il apparaissait en partie avec un objet en main. Amadou Diallo dit « Maoudho », appelé devant la barre, nie son implication dans l’opération effectuée par les assaillants et dit être qu’un simple chauffeur de taxi. « Moi, je n’ai pas dépassé la porte. C’est là où j’ai fait descendre le marteau, c’est là où on m’a filmé. C’est après que j’ai été attaché. Si je connaissais quelqu’un, je n’ai pas pu reconnaître la personne qui m’a déplacé. Si je les connaissais, j’allais les dénoncer, je n’allais pas rester en prison. Je suis un chauffeur qui a été déplacé... Je n’ai jamais vu la vidéo. Le juge d’instruction m’a montré la photo où la caméra m’a capté, moi je n’ai pas vu la vidéo de 13 minutes », a-t-il déclaré. Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par Mamadou Lamine Diallo, charge l’accusé Amadou Diallo et demande sa condamnation à perpétuité, tout comme pour les deux accusés en fuite. « Au cours de l’année 2024, le capitaine Moussa Sidibé portait plainte contre X pour des faits de vol à main armée... Il affirmait que son fils Amara Sidibé avait trouvé la mort pendant qu’il était en train de protéger le local des Chinois. Il affirmait qu’il n’avait pas pu identifier les personnes... D’investigation en investigation, les officiers de police judiciaire ont mis la main sur Amadou Diallo dit “Maoudho”. M. Amadou Diallo, à l’enquête préliminaire, reconnaissait les faits. Il disait qu’il agissait avec un certain Messi. Quand il a été conduit devant le parquet, il a nié. Devant le juge d’instruction, il déclarait que ce sont des gens qu’il ignore qui l’ont déplacé dans son taxi. Selon lui, on lui a dit de descendre le marteau et qu’après ils l’ont ligoté au volant du véhicule, et que c’est après l’opération qu’ils se sont retournés et, en cours de route, ils lui ont donné 15 millions GNF avant de partir avec son véhicule... Mais lui, Amadou Diallo, est concepteur. En 1993, il a commis son premier vol à Madina. Il a fait la maison centrale en 2004. C’est sa 9e opération. En le voyant, vous allez penser que c’est un imam, un muezzin. L’opération de Cosa, de Kaporo, de Sonfonia, c’est lui. À Matoto Kendéka, c’est lui. L’opération de la station Star à Dabondy, c’est encore lui. À Kagbélen, Lansanaya barrage, c’est lui. S’il n’est pas présent dans les opérations, l’opération ne va pas avoir lieu. L’opération de Maférinyah, où il y a eu l’assassinat d’Amara Sidibé, c’est encore lui... Il veut tout nier. C’est lui qui tue avec une cruauté inexplicable. À Mafanco, le dossier de Tassana, c’est lui. Est-ce qu’il mérite de rentrer à la maison ? Malgré son âge, il continue de nuire. On l’a vu entrer et sortir dans la vidéo. On a entendu les coups de feu. On a entendu le jeune crier “ne me tuez pas”. Ils l’ont fait. Il n’y a pas une condamnation qui puisse compenser la perte de ce jeune. Défoncer les portes, c’est son boulot, pas seulement tuer... Il y a eu vol d’argent transporté dans des sacs et un cas de mort. Dans ce cas, c’est la réclusion criminelle à perpétuité, et c’est le code pénal qui le dit. Il a catégoriquement refusé de dénoncer ses complices. Le ministère public requiert de retenir M. Amadou Diallo dans les liens de la culpabilité et de le condamner à la réclusion criminelle avec une sûreté de 30 ans. Pour ceux qui sont en fuite, de les condamner à perpétuité ». Par contre, maître David Béavogui, avocat de la défense, demande l’acquittement de son client Amadou Diallo dit « Maoudho ». Selon lui, il émet un doute quant à la participation de celui-ci, qu’il qualifie de faible physiquement pour procéder à ce genre d’opération. « Je ne sais pas si c’est le même dossier, mais j’ai le dossier d’Amadou Diallo qui est ici présent. Vous avez un travail complexe, parce que vous agissez en aval. Vous vous trouvez entre la victime et l’accusé, et d’un autre côté on vous dit de condamner... En 2024, il ne pouvait pas avoir cette solidité. Il a été déplacé. Les chauffeurs travaillent jour et nuit... On ne requiert pas pour plaire. Quand le travail est bâclé, le travail est bâclé, et c’est la faute du ministère public. Ce que j’ai vu me fait peur : parmi les 10 assaillants, c’est ce vieux qu’on peut arrêter. Il est père de famille de 6 enfants, il a sa femme. Je n’ai jamais vu qu’un père de famille à son âge aille opérer avec des bandits. Le ministère public a découvert qu’il était conducteur de camions. Un bandit n’apprend pas un métier. Dans le secret de votre délibération, dans la vidéo, il est difficile d’identifier M. Amadou Diallo. Si vous voulez le condamner, vous ne pouvez pas aller à la perpétuité. On est d’accord, le vol est avéré, c’est la nuit, en bande organisée. Dans le cas d’espèce, M. Amadou Diallo a dit qu’il était sur le terrain, à la porte, mais qu’il n’a jamais assisté aux faits. Peut-être la complicité. Lorsque le prévenu agit en présence d’une force à laquelle il ne peut résister, est-ce qu’il pouvait agir de lui-même ? Est-ce qu’il est responsable ? Visionnez bien la vidéo, il y a doute quant à sa participation à la mort du jeune soldat. Il n’est pas récidiviste, son casier judiciaire est vide. Le ministère public n’a pas prouvé cela. Je demande de l’acquitter ; s’il est coupable, de le condamner à une peine pécuniaire », a plaidé l’avocat de la défense. Après avoir écouté les parties, le président du tribunal, Joachim Goumou, a rendu son verdict. Amadou Diallo, Mohamed Tall (en fuite) et Alya Kaké (en fuite) ont été reconnus coupables de vol à main armée, association de malfaiteurs, destruction de bien public et détention illégale d’armes. Pour la répression, Mohamed Tall et Alya Kaké ont été condamnés par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité. Un mandat d’arrêt est décerné à leur encontre. Quant à Amadou Diallo, il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 15 ans. Pour les dommages et intérêts, ils sont condamnés à payer à la partie civile la somme de 1 milliard 200 millions de francs guinéens. À noter que l’avocat de la défense, Me David Béavogui, a annoncé qu’il va relever appel de cette peine pour son client Amadou Diallo dit « Maoudho ». Ismaël Diallo pour Guineematin.com Tél. : 624 693 333

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