Forécariah : un peintre dans le box des accusés pour s’être fait passer pour un procureur
2026-03-11 - 10:37
Le tribunal correctionnel de Forécariah a examiné, ce mardi 10 mars 2026, le dossier d’Alsény Koket Sylla, poursuivi pour escroquerie et usurpation de titre ou de fonction. Détenu depuis le 27 février 2026, ce peintre domicilié à Maférinyah est accusé de s’être fait passer pour un procureur de la République afin de faire interrompre des travaux sur un terrain en litige. À la barre, le prévenu a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui. Il soutient que l’affaire relève plutôt d’un différend foncier lié à une transaction immobilière, rapporte un reporter de Guineematin.com présent à l’audience. Dans ses explications, Alsény Koket Sylla affirme avoir vendu une parcelle située en bordure de route pour un montant de 400 millions de francs guinéens. Selon lui, des contestations seraient ensuite apparues autour de la propriété du terrain, créant une confusion entre les différentes parties. « Je ne reconnais pas les faits. J’ai vendu une parcelle au bord de la route à 400 millions. Après la vente, il y a eu des problèmes autour du domaine. Je lui ai dit que j’allais le recaser dans mes deux hectares. Comme c’était la période des élections en décembre, je lui ai demandé d’attendre le temps que je réunisse de l’argent », a-t-il expliqué devant le tribunal. Le prévenu a également évoqué l’existence d’un conflit de propriété impliquant des ressortissants sénégalais qui revendiquent le terrain litigieux. Selon lui, l’affaire aurait déjà été portée devant plusieurs juridictions. « Ils disaient que leur père occupait ce domaine. J’ai porté plainte. Nous sommes allés à la Cour d’appel puis à la Cour suprême. Je ne suis pas intellectuel pour être procureur. Je ne peux pas me comparer à un procureur. Je n’ai jamais dit que le procureur m’avait envoyé ni autorisé quelqu’un à reprendre les travaux », a-t-il déclaré. De son côté, le ministère public, représenté par le substitut du procureur Alpha Bacar Cissé, soutient disposer de témoignages affirmant que le prévenu se serait présenté comme magistrat. « Nous avons des témoins qui affirment qu’il est allé dire qu’il est procureur. Le fait qu’il dise ne pas savoir lire ne signifie pas qu’il ne peut pas commettre une infraction. Nous demandons la comparution de Younoussa Sylla et de Seydouba Sylla, dit Koleaseydou », a-t-il indiqué. La défense, assurée par Me Mohamed Sidiki Bérété, a pour sa part contesté certains témoignages versés au dossier. L’avocat a également sollicité la mise en liberté provisoire de son client. « Younoussa est notre acquéreur et il est sûr qu’il va récupérer son argent. Nous contestons les témoignages de Seydouba Sylla et de Younoussa Sylla. Nous sollicitons aussi la liberté provisoire de notre client », a plaidé l’avocat. Le parquet s’est toutefois opposé à cette demande, estimant la gravité des faits reprochés. « Usurper la fonction d’un procureur n’est pas une chose anodine. De plus, son avocat a laissé entendre qu’il a des différends avec certains témoins. Qui sait ce qui pourrait se passer s’il est libéré ? », a soutenu le représentant du ministère public. Après avoir entendu les différentes parties, le président du tribunal, Joachim Goumou, a rejeté la demande de mise en liberté provisoire et décidé de renvoyer l’affaire au 17 mars 2026 afin de permettre la comparution des témoins cités dans le dossier. Ismaël Diallo pour Guineematin.com Tél. : 624 69 33 33