TheGuineaTime

Friguiagbé (Kindia) : SOS pour Max Salam Camara, alias « Cocorico », figure de la musique guinéenne

2026-03-01 - 23:35

L’artiste musicien, compositeur et arrangeur guinéen Max Salam Camara, plus connu sous le sobriquet « Cocorico », traverse l’une des périodes les plus éprouvantes de sa vie. Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) depuis 2024, l’ancien pilier de plusieurs orchestres nationaux lance un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour une prise en charge médicale adaptée, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. Né au Sénégal, celui qui a consacré plus de quatre décennies à la musique guinéenne s’est imposé comme une voix mélancolique et un arrangeur talentueux. Il a évolué au sein d’ensembles prestigieux tels que le Syli Authentique, le Bembeya Jazz et le Horoya Band. Fondateur du groupe Syli Authentique, il a également signé plusieurs succès dans les années 1980 et 1990, dont l’album Laissez Passer (2005) et le titre Amina, contribuant à enrichir durablement le patrimoine musical national. Rencontré à son domicile de Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia, l’artiste apparaît affaibli. Selon ses proches, son état de santé se dégrade progressivement. L’AVC dont il souffre l’a rendu presque inapte, limitant fortement sa mobilité et son autonomie. « J’ai fait la musique pendant plus de 42 ans en Guinée. J’ai formé beaucoup d’artistes, mais aujourd’hui personne ne m’aide. Je ne peux plus marcher seul. Difficilement je m’assois, difficilement je mange. C’est ma femme qui s’occupe de tout, depuis deux ans et demi », confie-t-il avec émotion. Après avoir consulté dans plusieurs structures hospitalières de Conakry, notamment Donka, Ignace Deen (Ako) et l’hôpital sino-guinéen, l’artiste affirme n’avoir constaté aucune amélioration notable. Contraint de quitter la capitale, il s’est installé à Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia, localité d’origine de son épouse, où il vit désormais avec sa femme et l’un de ses enfants. Sa carte du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), explique-t-il, ne lui apporte aujourd’hui aucun soutien concret. Dans un message empreint de détresse, Max Salam Camara sollicite l’intervention des autorités, notamment du président de la République Mamadi Doumbouya, ainsi que celle des bonnes volontés pour une éventuelle évacuation sanitaire. Pour sa part, son épouse, Kadiatou Camara, décrit un quotidien éprouvant. « Je dois le laver, l’habiller, le nourrir. Cela fait deux ans et demi que nous vivons cette situation. Il a beaucoup fait pour la Guinée. Il ne servirait à rien d’attendre qu’il ne soit plus là pour venir pleurer et lui rendre hommage. C’est maintenant qu’il faut le sauver », a-t-elle laissé entendre. Même son de cloche du côté de sa belle-mère, qui rappelle l’apport considérable de l’artiste à la culture nationale et déplore qu’il soit aujourd’hui laissé à lui-même malgré son parcours. Figure marquante de la scène musicale guinéenne, « Cocorico » a formé et accompagné de nombreux artistes au fil des décennies. Son apport artistique, salué par ses pairs, contraste aujourd’hui avec la précarité dans laquelle il se trouve. Installé à Friguiagbé, loin des projecteurs, l’ancien arrangeur vedette vit dans l’espoir d’une assistance qui pourrait lui permettre d’accéder à des soins appropriés et, peut-être, retrouver une partie de son autonomie. À travers cet appel, sa famille exhorte les autorités culturelles et étatiques, ainsi que les citoyens solidaires, à se mobiliser pour venir en aide à l’un des artisans de la musique moderne guinéenne. Pour tout soutien, veuillez contacter le numéro de sa femme 621 53 56 87 De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Share this post: