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Frontières guinéennes : après l’épisode avec la Sierra Leone, un autre incident signalé avec le Libéria

2026-03-10 - 14:06

Un incident frontalier est survenu récemment entre la Guinée et le Libéria. L’information a été rapportée par plusieurs plusieurs médias libériens qui indiquent que l’affaire est liée à la saisie de matériels de construction par des soldats guinéens sur le territoire libérien. Selon la presse libérienne, l’incident s’est produit le 2 mars 2026 près du poste frontalier de Sorlumba. Des militaires guinéens auraient franchi la frontière et confisqué des bulldozers ainsi que des camions-bennes appartenant à une entreprise engagée dans des travaux routiers sur l’axe Foya-Vahun et des projets de pavage de rues locales. Citant des autorités locales, plusieurs médias libériens affirment que les soldats guinéens « ont contraint les ouvriers, sous la menace de leurs armes », à traverser la frontière avant de saisir les engins. Cette intervention aurait entraîné l’arrêt des travaux dans le comté de Lofa, dans le nord du Libéria, suscitant l’indignation de la population locale. Des habitants de la zone se sont exprimés sur des radios locales et sur les réseaux sociaux pour réclamer une réaction rapide du gouvernement. En réponse, le ministre libérien des Collectivités locales, Francis S. Nyumalin, à la tête d’une délégation de médiation, s’est rendu dans la zone frontalière, où il a tenu une réunion d’urgence avec des représentants guinéens. Selon les médias libériens, la délégation guinéenne aurait exprimé ses regrets concernant l’incident et assuré de sa volonté de coopérer pour résoudre le différend. De son côté, le ministre Nyumalin a rappelé que la protection de l’intégrité territoriale du Libéria demeure une priorité, tout en appelant les deux parties à éviter toute escalade. « Les différends frontaliers doivent être réglés par la diplomatie et la coopération », a-t-il déclaré. « Nous devons garantir la sécurité de notre population et veiller à ce que les projets de développement bénéficiant aux communautés frontalières ne soient pas perturbés », a-t-il ajouté. Selon des sources citées par le Daily Observer, une réunion de haut niveau est prévue le 12 mars prochain entre les autorités guinéennes et libériennes afin d’examiner les conclusions de l’enquête en cours et de définir un cadre de surveillance conjointe de la frontière. Côté guinéen, il n’y a encore eu aucune communication autour de cet incident. Cet épisode intervient quelques jours seulement après un autre incident survenu le 22 février à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone. Une situation dont les deux pays s’étaient rejeté la responsabilité, avec des versions contradictoires venues de part et d’autre. Dans un communiqué publié le 24 février, le gouvernement sierra-léonais avait accusé des éléments des Forces armées guinéennes d’avoir pénétré sur son territoire pour arrêter 16 militaires et policiers. Selon les autorités sierra-léonaises, l’incident s’est produit dans la localité frontalière de Kalieyereh, dans le district de Falaba (Sierra Leone), où une équipe mixte de militaires et de policiers fabriquait des briques pour la construction d’un poste frontalier et de bâtiments destinés à soutenir les opérations de sécurité dans la zone. Mais les autorités guinéennes avaient aussitôt démenti cette version. L’État-major général des armées avait soutenu que l’incursion venait plutôt du côté sierra-léonais. Selon l’armée guinéenne, des militaires sierra-léonais armés sont entrés sans autorisation dans le district de Koudaya, relevant de la sous-préfecture de Sandénia, dans la préfecture de Faranah (Guinée), où ils ont installé une tente et hissé leur drapeau national. C’est suite à cela, indiquait l’État-major, que les Forces armées guinéennes se sont rendues sur les lieux pour interpeller 16 agents sierra-léonais et saisir leurs équipements. La situation avait finalement été désamorcée par la voie diplomatique. Le chef de la diplomatie sierra-léonaise s’était rendu à Conakry à la tête d’une délégation pour négocier la libération des membres des Forces de défense et de sécurité arrêtés. Ceux-ci ont été remis en liberté le 27 février, à l’issue de discussions entre les autorités des deux pays. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62

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