Géolocalisation, poursuite et arrestation : le récit d’un vol à l’arrachée jugé à Dixinn
2026-01-30 - 10:08
Poursuivis pour des faits de vol aggravé, Mamadou Lamarana Diallo et Thierno Hamidou Diallo ont comparu devant le tribunal de Dixinn, ce mercredi 28 janvier 2026. A l’occasion de cette audience, seul Mamadou Lamarana Diallo a reconnu les faits de vol à l’arrachée mis à sa charge, au préjudice de Mory Konaté, partie civile dans cette affaire. Il a soutenu avoir agi en complicité avec Thierno Hamidou Diallo, affirmant que la moto utilisée pour commettre le vol appartenait à ce dernier, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Alors que Mory Konaté et son frère s’apprêtaient à monter dans leur véhicule, un individu à moto leur aurait arraché un sac contenant deux passeports, un iPad, des AirPods, un parfum, des documents personnels et une enveloppe contenant de l’argent. Grâce à la géolocalisation des appareils électroniques, l’auteur présumé du vol a été retrouvé le lendemain à Lambanyi. Si les passeports et les appareils ont été récupérés, certains objets ne l’ont pas été, a-t-on appris au cours de l’audience. Âgé de 41 ans, Mory Konaté, entrepreneur domicilié à Lambanyi, constitué partie civile, a relaté les faits. « Ça s’est passé à ENTAG Fassa. J’étais avec mon frère et c’est avec lui que le sac a été arraché. Nous nous sommes dirigés vers la voiture quand il est venu à moto, en faisant des jeux de phares comme s’il cherchait des passagers. Il nous a dépassés, puis il est revenu arracher le sac avant de prendre la fuite. Le sac contenait mes deux passeports, un iPad, mes AirPods, mon parfum, des documents et une enveloppe contenant de l’argent. Pendant la nuit, on l’a cherché sans le retrouver. J’ai dit aux gens de laisser tomber, parce que de toute façon, j’allais le retrouver. Le matin, j’ai suivi la localisation de mes appareils. Elle m’a conduit jusqu’à Lambanyi, dans une cour. J’attendais de voir qui les détenait. Quelques instants après, j’ai vu ce dernier sortir. Dès qu’il m’a aperçu, il s’est enfui. On l’a poursuivi et rattrapé. Il criait pour demander pourquoi on l’attrapait et nous aussi on lui demandait pourquoi il fuyait. C’est comme ça qu’on a retrouvé le sac qu’il avait jeté dans le quartier, avec mes passeports. Les gens ont voulu le tabasser, mais j’ai refusé. On a ensuite retrouvé mes appareils. Il les avait emballés dans de l’aluminium et les avait jetés derrière la cour », a-t-il expliqué. Après cette déposition, le tribunal a souhaité éclaircir un point précis. « Vous dites que Mamadou Lamarana Diallo était seul sur la moto lorsqu’il a arraché le sac. Pourquoi avoir alors porté plainte contre Thierno Hamidou Diallo ? », a interrogé le juge. « C’est vrai. Mais quand on les a retrouvés dans le quartier, ils étaient ensemble. À la gendarmerie, Mamadou Lamarana Diallo a dit qu’il avait fait l’opération avec Thierno Hamidou Diallo, en utilisant sa moto et que celui-ci l’attendait au niveau du carrefour », a-t-il répondu. Interpellés et placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry depuis le 27 novembre 2025, les deux prévenus sont reprochés de vol aggravé dans cette affaire. Des faits que seul Mamadou Lamarana Diallo a reconnus, soutenant avoir agi avec la moto de Thierno Hamidou Diallo, qu’il présente comme son complice. Des accusations fermement rejetées par ce dernier. « C’est vous qui avez arraché le sac de monsieur Konaté ? », a demandé le juge à Mamadou Lamarana Diallo. « Oui », a-t-il répondu. Le ministère public a alors cherché à comprendre pourquoi il accuse Thierno Hamidou Diallo de complicité. « Je n’étais pas seul. C’est avec sa moto que j’ai opéré, lui m’attendait au carrefour. C’est en complicité avec lui que j’ai fait ça », a soutenu le prévenu. À son tour, Thierno Hamidou Diallo a catégoriquement rejeté ces accusations. « Ce n’est pas avec ma moto qu’il a opéré. Ce jour-là, il était avec la moto d’Aladji. C’est le matin qu’il est venu me réveiller chez moi pour que je l’accompagne à Lambanyi ». Par la suite, le tribunal a demandé à la partie civile d’évaluer son préjudice matériel. « Des objets d’une valeur de 2 200 dollars ont disparu. Convertis en francs guinéens, je demande 22 millions de francs guinéens pour tous préjudices confondus », a-t-il sollicité. À l’issue des débats, l’avocat de Thierno Hamidou Diallo a sollicité une mise en liberté pour son client. Une requête à laquelle le ministère public représenté par le procureur Fanka Oularé s’est fermement opposé. Statuant sur cette demande, le tribunal, présidé par le juge Mohamed Sangaré, l’a tout simplement rejetée. L’affaire a été renvoyée au 4 février 2026 pour les réquisitions et les plaidoiries. Mariama Barry pour Guineematin.com