Guerre au Moyen-Orient : l’Iran n’autorisera pas « l’exportation d’un seul litre de pétrole de la région »
2026-03-10 - 17:26
L’Iran promet qu’aucune goutte de pétrole ne quittera le Moyen-Orient « jusqu’à nouvel ordre ». Les autorités iraniennes ont fait cette annonce ce mardi 10 mars 2026 au lendemain de nouvelles menaces brandies par Donald Trump. « Les forces armées iraniennes (...) n’autoriseront pas l’exportation d’un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu’à nouvel ordre », a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution. Il répond ainsi au président américain qui avait promis hier de frapper « plus fort » si Téhéran continuait de perturber la circulation du pétrole dans la région. De son côté, Ali Larijani, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a indiqué que « le détroit d’Ormuz sera soit une voie de paix et de prospérité pour tous, soit une de défaite et de souffrance pour les belliqueux ». S’adressant directement à Donald Trump, il ajoute : « Des plus puissants que vous ont essayé d’éliminer la nation iranienne et n’ont pas réussi. Faites attention à ne pas être éliminé vous-même ! » L’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques de la planète. Ce corridor vital voit transiter un quart du pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié mondiaux, reliant les principaux producteurs du Golfe aux marchés internationaux. Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février contre l’Iran, les Gardiens de la Révolution ont intensifié leurs actions dans cette zone, perturbant le trafic maritime et faisant craindre un blocage durable. Face à cette situation, l’ONU Commerce et Développement (CNUCED) a tiré la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié ce mardi, l’organisation souligne que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pourraient avoir des répercussions graves sur plusieurs secteurs clés, notamment l’énergie et les engrais. Cette situation suscite « des préoccupations quant à ses répercussions sur les marchés de l’énergie, le transport maritime et les chaînes d’approvisionnement mondiales », souligne la CNUCED. En plus de la flambée des cours du pétrole sur le marché mondial, l’organe onusien relève que «les taux de fret des pétroliers et les primes d’assurance pour risques de guerre augmentent fortement, tandis que les coûts du carburant maritime progressent également, renchérissant le transport». La CNUCED prévient que les pays en développement pourraient être particulièrement affectés par cette crise, en raison de leur dépendance aux importations d’énergie et à la hausse des coûts logistiques. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com