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Guerre ouverte pour des milliards : Mamadi Nabé et Soguidex s’affrontent au tribunal

2026-03-25 - 12:22

Le procès de Mamadi Nabé, responsable de la société Niccos Sarl, poursuivi pour abus de biens sociaux et complicité au préjudice de la Société guinéenne de distribution d’explosifs (Soguidex), s’est ouvert ce mardi 24 mars 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. Comparant libre, le prévenu a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui. À la barre, Mamadi Nabé s’est dit surpris par la plainte initiée contre sa personne. Selon lui, cette procédure judiciaire serait motivée par un différend financier opposant sa société à Soguidex. Il affirme en effet que cette dernière lui resterait redevable d’un montant supérieur à 2 milliards de francs guinéens. Dans sa déposition, il a expliqué ne plus être impliqué dans la gestion de Soguidex depuis 2019. « Je ne gère pas et je ne sais pas qui gère Soguidex depuis cette période. Je suis le fondateur et gérant de Niccos Sarl, une entreprise créée en 2016, bien avant l’existence de Soguidex », a-t-il déclaré. Il précise toutefois avoir été, à un moment donné, directeur général adjoint et actionnaire à hauteur de 32 % au sein de la société plaignante. Revenant sur les faits à l’origine du litige, Mamadi Nabé soutient que sa société a fourni à Soguidex des produits pour un montant de 4,4 milliards de francs guinéens, dont seulement 1,6 milliard aurait été réglé. « Il reste un reliquat de plus de 2 milliards. Pour éviter de payer cette somme, ils ont engagé cette procédure contre moi », a-t-il affirmé, rejetant toute accusation d’abus de biens sociaux. « De quel bien parle-t-on ? De l’argent ou d’un véhicule ? Je ne sais pas », s’est-il interrogé, assurant avoir toujours agi dans l’intérêt de Soguidex. De son côté, le représentant de la société plaignante a maintenu les accusations, affirmant que Mamadi Nabé aurait posé des actes ayant contribué à appauvrir Soguidex au profit de sa propre entreprise. Il l’accuse notamment de surfacturation et de conflits d’intérêts, soutenant qu’il attribuait des marchés à Niccos Sarl sans que la société ne soit informée de ses liens avec cette structure. Selon la partie civile, des irrégularités auraient également été constatées dans la gestion logistique, notamment en ce qui concerne l’escorte des produits explosifs, pour laquelle des justificatifs feraient défaut. Elle accuse en outre Mamadi Nabé d’être à l’origine d’une procédure ayant conduit à la saisie du compte de Soguidex devant le tribunal de commerce. « Mamadi Nabé surfacture les produits. Il a appauvri Soguidex au profit de Niccos. Il attribuait des marchés à son entreprise. Nous ne savions pas qu’il était gérant statutaire de la société Niccos. Pour escorter les produits, il mettait plusieurs jours et ne nous montrait pas les décharges des gendarmes, des policiers et des douaniers qui accompagnaient les camions transportant les dérivés explosifs. C’est Nabé qui se cache derrière Niccos pour saisir le compte de Soguidex au tribunal de commerce. Il y a eu abus de biens sociaux », martèle-t-il. À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 7 avril 2026 pour la suite des audiences, notamment les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des parties. Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com Tél. : 620 589 527 / 664 413 227

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