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Guinée : 300 nouveaux enseignants-chercheurs intègrent l’université, le gouvernement mise sur le capital humain académique

2026-03-04 - 09:25

La cérémonie d’accueil de la deuxième cohorte de 300 enseignants-chercheurs et chercheurs, recrutés dans le cadre du Programme national de renforcement du capital humain académique (2025-2026), s’est tenue à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. L’événement, organisé ce mardi, 03 mars 2026, marque une nouvelle étape dans la stratégie gouvernementale visant à consolider durablement l’enseignement supérieur guinéen, a appris Guineematin.com à travers ses reporters. Devant un parterre d’autorités administratives et universitaires, les responsables du secteur ont présenté les résultats de l’évaluation de la première cohorte recrutée en octobre 2024, tout en exposant les ambitions portées par cette nouvelle vague de docteurs appelés à renforcer les institutions d’enseignement supérieur du pays. Prenant la parole, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Docteure Diaka Sidibé, a souligné l’importance stratégique de ce recrutement massif. Dr Diaka Sidibé, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique « L’intégration de 300 enseignants-chercheurs titulaires de doctorat n’est pas un simple acte administratif. C’est un choix politique fort et un investissement majeur dans le capital humain universitaire », a-t-elle déclaré. La ministre a rappelé que le système universitaire guinéen fait face à une croissance rapide des effectifs étudiants, à l’essor des cycles master et doctorat, ainsi qu’à une forte pression sur les enseignants de rang magistral. Pendant de nombreuses années, a-t-elle précisé, le pays a fonctionné avec moins de 10 % d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral insuffisant et une faible capacité de mobilisation de financements compétitifs. Revenant sur les efforts déjà engagés, Dre Diaka Sidibé a indiqué qu’en moins de deux ans, 450 docteurs auront intégré le système d’enseignement supérieur guinéen, une avancée qu’elle qualifie d’« inédite dans l’histoire universitaire du pays ». Les résultats de la première cohorte sont jugés encourageants. Selon la ministre, l’évaluation menée fait état d’un score moyen de performance proche de 78 %, avec plus de 54 % d’enseignants classés satisfaisants ou excellents. Elle a également évoqué un volume d’heures d’enseignement largement supérieur aux obligations statutaires, 487 cours dispensés à distance au cours de l’année universitaire, ainsi qu’une implication notable dans la continuité pédagogique. Ces performances se traduisent, selon elle, par une réduction des vacances de cours, une meilleure stabilité des programmes, moins de retards académiques et un encadrement plus structuré des étudiants en master. Toutefois, la ministre estime qu’il est désormais nécessaire de passer « d’un renforcement quantitatif à une transformation qualitative ». Présent à la cérémonie, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a salué la continuité de cette initiative lancée en 2024. Il a rendu hommage à l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar Barry, à l’origine de la première cohorte recrutée à l’étranger. « Si la deuxième cohorte a vu le jour, c’est parce que la première a produit des résultats probants. Il faut donc continuer », a-t-il affirmé. Pour le chef du gouvernement, cet effort s’inscrit dans une vision globale de construction d’une nouvelle élite nationale. « Investir dans le capital humain, inviter des chercheurs africains et d’autres continents à contribuer à la formation de notre jeunesse, c’est engager un processus de transformation profonde de notre société », a-t-il expliqué. Répondant aux critiques évoquant une possible fuite des cerveaux, Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de la coopération internationale. « Nous ne pouvons pas nous développer de manière isolée. Le savoir n’a pas de frontières », a-t-il soutenu. De son côté, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, est revenu sur les débuts difficiles du projet. Il a rappelé que, lors de son lancement, la fonction publique était engagée dans un processus de stabilisation du fichier des agents, rendant tout nouveau recrutement particulièrement complexe. « Malgré ces contraintes, l’engagement du pays en faveur d’un développement audacieux du capital humain nous a conduits à faire de ce programme un projet stratégique et prioritaire », a-t-il déclaré, affirmant que la Guinée a désormais choisi de placer le capital humain au cœur de son développement. À travers cette deuxième cohorte de 300 enseignants-chercheurs, les autorités réaffirment leur volonté de renforcer l’encadrement académique et de faire de l’université un levier essentiel du développement national. Hadiatou Barry et Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com

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