Guinée : les syndicalistes attendent des actes concrets du ministre Alpha Bacar Barry
2026-02-05 - 16:27
À la suite de la nomination d’Alpha Bacar Barry à la tête du ministère fusionné de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, les principales organisations syndicales du secteur éducatif réagissent. Entre respect du choix présidentiel et vigilance syndicale, elles expriment leurs attentes en matière de réformes, de formation continue des enseignants, de revalorisation de la profession et d’amélioration de la qualité des enseignements. C’est ce qu’ont fait savoir des responsables de ces structures, en l’occurrence le Syndicat national de l’éducation (SNE) et le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) dans un entretien accordé à Guinéematin.com à travers un de ses reporters. Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, estime qu’il faut attendre les premières actions du ministre Alpha Bacar Barry pour le juger. « Le choix d’Alpha Bacar Barry pour diriger le ministère fusionné de l’enseignement pré-universitaire et de l’enseignement technique de la formation professionnelle relève du pouvoir discrétionnaire du président de la République, Mamadi Doumbouya, qui s’exerce par décret. Mais nous, en tant que force sociale d’interpellation, de propositions, nous allons nous inscrire dans une démarche de circulation et de mise en œuvre de toutes les réformes qu’il va avoir à entreprendre dans le cadre de l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages, de la revalorisation de la profession enseignante et aussi de l’amélioration du rendement scolaire de nos apprenants. C’est qui dit que M. Alpha Bacar Barry vient à la tête de ce département avec des bonnes intentions. Il y a une disparité entre les bonnes intentions d’un ministre fraîchement nommé et les réalités du terrain. Je pense que c’est au pied du mur qu’on reconnaît le bon maçon », a-t-il déclaré. Pour monsieur Balamou, ses attentes sont immenses et on lui accorde quelques jours de grâce. « Il aura cinq jours de trêve sociale, c’est-à-dire une période de grâce, pendant laquelle il sera soumis à une observation objective de tous les actes qu’il va poser. C’est à partir de ces cinq jours que nous allons faire un bilan à mi-parcours des réformes mises en œuvre, notamment le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026, mais aussi à la poursuite des négociations sur les autres points non encore débattus et aussi la révision du statut particulier des enseignants », a laissé entendre Michel Pépé Balamou. Allant dans le même sens, Aboubacar Soumah, patron du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), s’attend à ce que le nouveau ministre œuvre pour le recrutement de nouveaux enseignants, leur formation continue et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. « C’est le Président qui l’a choisi pour diriger ce département. Il l’a fait parce qu’il sait qu’il est capable de le diriger. Mais nos attentes sont qu’ils construisent des écoles et qu’ils recrutent massivement des enseignants. Ensuite, ces enseignants doivent être soumis à une formation continue afin de les adapter à leur réalité. Il faut un enseignement de qualité, et cela passe par des enseignants de qualité. Or, pour avoir des enseignants de qualité, il est indispensable de prendre les mesures nécessaires, notamment les soumettre à une formation continue. Ce qui risque malheureusement de ne pas être fait. Il est donc important de remettre la formation continue des enseignants au centre des priorités. Enfin, il faut aussi parler de la motivation, car un enseignant qui n’est pas motivé ne peut pas donner un bon rendement », a-t-il lancé. Hadja Saran DIAKITE, pour Guinéematin.com