Guinée : Mohamed Lamine Bangoura, ex-président de la Cour constitutionnelle, jugé pour détournement de 20 milliards GNF
2026-02-18 - 18:45
L’ex-président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu ce mercredi, 18 février 2026, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il est accusé du détournement de deniers publics portant sur 20 milliards de francs guinéens. Une accusation qu’il a réfutée catégoriquement à la barre, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans cette affaire, Mohamed Lamine Bangoura est poursuivi avec 8 autres prévenus pour des faits de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. L’ex-président de la Cour constitutionnelle est en détention à la maison centrale de Conakry depuis le 15 décembre 2022, date de son placement sous mandat de dépôt. A la barre ce mercredi devant la CRIEF, cet enseignant-chercheur a clamé son innocence. « Je ne reconnais aucun fait qui m’est reproché sur le détournement de derniers publics portant sur le montant de 20 milliards. En matière de gestion de compte public, on ne détourne que ce qui existe. La cour constitutionnelle dont j’ai présidée pendant 3 ans n’a jamais eu 20 milliards. La cour ne dispose qu’une subvention et non un budget. La cour reçoit 1 milliard 200 millions de francs guinéens par trimestre. 11 milliards par an pour la location qui ne sont pas payés par la Cour. On déduit les 11 dans 20, il va rester 9. Les salaires sont payés dans les montants restants. La cour ne gère pas de l’argent. Je suis ni ordonnateur ni personnalité chargée de la gestion. Il y a un comité de trésorerie mis par décret », a dit Mohamed Lamine Bangoura. Compte tenu du temps, en cette période de carême et ramadan, la Cour appelle à un renvoi. Toutefois, le prévenu souhaité qu’on continue l’audience, vu sa situation en détention. « Je suis en prison depuis 3 ans et 3 mois. Les 20 milliards ont été voté à l’assemblée nationale. Je ne participe pas à la répartition », a-t-il précisé. Abondant dans le même sens, Maître Facinet Soumah, avocat de la défense, plaide pour la poursuite des débats. « Nous vivons une situation d’injustice indescriptible. Sur les 9 poursuivis, mon client est le seul devant la cour pour être jugé. Comprenez son émotion. Nous ne savons pas où mettre la tête. Nous sommes pressés pour qu’il soit jugé. Nous nous estimons victimes d’injustice », a-t-il déclaré. Finalement, la cour a renvoyé l’audience au lundi, 23 février 2026, pour la poursuite des débats. Boubacar Diallo pour Guineematin.com