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Infrastructures, économie, gouvernance : les ambitions de l’Union européenne pour la Guinée en 2026

2026-01-28 - 17:33

Assainissement urbain, infrastructures routières et énergétiques, sécurité routière, soutien au secteur privé... l’Union européenne prévoit une série de réalisations majeures durant 2026 en Guinée, destinées à améliorer durablement les conditions de vie des populations et à renforcer le développement économique du pays. Ces projets structurants ont été présentés par le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée lors d’une conférence de presse ce mercredi 28 janvier, sa première depuis son arrivée dans le pays, il y a environ 5 mois. D’entrée de jeu, Xavier Sticker a rappelé que les relations entre l’Union européenne et la Guinée remontent à plusieurs décennies et se traduisent par des impacts concrets dans de nombreux secteurs de la vie quotidienne, tant pour les Européens que pour les Guinéens. « Il est important que ces partenariats se développent sur des sujets qui sont partagés et dans l’intérêt commun », a-t-il souligné, avant d’annoncer les projets que l’Union européenne compte réaliser dans le pays en 2026. Parmi ceux-ci figure la réalisation et la livraison d’un Centre de stockage temporaire à Zacope, qui permettra d’alléger la pression sur la décharge de Dar es-salam et d’améliorer l’assainissement à Conakry. « C’est une décharge temporaire où les ordures arriveront de manière organisée en complément des zones de tri et de transit au niveau des quartiers, qui permettra de contribuer à l’assainissement et à l’amélioration de la santé et du cadre de vie pour les habitants du Grand Conakry », a expliqué le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée. Dans le même volet, l’UE prévoit l’opérationnalisation et l’amélioration des services de gestion des déchets, notamment à travers la construction de 30 zones de tri et de transit dans le Grand Conakry, dont 23 sont déjà achevées. Autre projet majeur attendu en 2026, la construction et l’équipement d’un Centre de sécurité routière, avec la fourniture de l’assistance technique nécessaire. « Ce centre permettra de fédérer l’action des centres de contrôle technique, de renforcer les normes applicables aux véhicules, dans un pays où chaque année, des milliers de vies sont perdues, gâchées par des accidents de la circulation et indirectement aussi par la pollution exagérée de certains véhicules », a fait savoir Xavier Sticker. Sur le plan des infrastructures routières, l’UE prévoit la construction de 41 kilomètres de route bitumée entre Dabiss, en Guinée, et la frontière avec la Guinée-Bissau, et d’un pont de 255 mètres sur le fleuve Cogon. Ces travaux visent à améliorer les conditions de circulation des personnes et des marchandises, rétablir la continuité physique du corridor, fluidifier le commerce transfrontalier et renforcer l’intégration entre la Guinée et la Guinée-Bissau. Le secteur énergétique figure également parmi les axes stratégiques de la coopération UE-Guinée. Et c’est dans ce cadre que l’Union européenne va construire, courant 2026, 714 kilomètres de lignes haute tension entre la Guinée et le Mali, 7 postes de transformation et procéder au raccordement de 201 localités via des réseaux de distribution de la Haute Guinée. Par ailleurs, le lancement de la construction de la ligne haute tension Manéah-Linsan est prévu en 2026 afin d’améliorer l’accès à l’électricité dans la région de Conakry. Ce projet permettra une évacuation et une utilisation optimales de la production des barrages de Kaléta et de Souapiti, aujourd’hui partiellement sous-exploités. Sur le plan économique, l’Union européenne entend intensifier son soutien à 100 petites et moyennes entreprises (PME) à fort potentiel dans les secteurs de la transformation agroalimentaire et halieutique. Un prêt à la VISTAGUI est également prévu pour faciliter l’accès au crédit des PME. Deuxième partenaire commercial de la Guinée, l’UE souhaite également renforcer davantage ses relations économiques avec le pays. « Au-delà des matières premières, la Guinée exporte aussi des produits agricoles à l’état brut et d’autres transformés. Et c’est un plaisir pour l’Union européenne de voir que la Guinée en exporte de plus en plus. Entre 2021 et 2024 qui sont les dernières statistiques disponibles, la Guinée a triplé ses exportations de produits agricoles en direction de l’Union européenne, qui représentent aujourd’hui un montant de 150 millions d’euros. Et le potentiel est là pour que davantage soit fait. Et l’Union européenne contribue, par un certain nombre de ses programmes, des programmes d’appui au secteur privé en Guinée, à ce que cette trajectoire continue de croître, qu’elle reste ascendante », a souligné le diplomate européen. D’autres projets structurants sont annoncés par l’Union européenne pour 2026 dans les domaines de l’environnement, de la formation professionnelle et de la santé. Il s’agit de l’amélioration des conditions de vie de milliers de personnes grâce au soutien à la gestion intégrée du paysage transfrontalier des Monts Nimba -Diécké (République de Guinée, la Côte d’Ivoire et le Liberia ; L’achèvement de plusieurs infrastructures et centres de formation professionnelle à Kipé, Matoto, Koba et Mamou pour améliorer l’employabilité des jeunes ; l’achèvement des travaux de modernisation de l’hôpital préfectoral de Yomou et des centres de santé de Ouèndé-Kénéma (Guéckédou), Diécké et Koulé (N’Zérékore) pour offrir des soins de qualité à des milliers de personnes. Sur le plan de la gouvernance, quatre nouveaux projets d’appui à la société civile seront lancés. Il est prévu notamment le renforcement des capacités d’au moins 130 organisations de la société civile et de 500 observateurs électoraux. Une centaine de victimes de violations des droits humains bénéficieront également d’une prise en charge matérielle, légale et psychosociale. Hadiatou Barry et Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com

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