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Joseph Boakai s’exprime sur le différend frontalier avec la Guinée : « Je tiens à assurer le peuple libérien… »

2026-03-19 - 13:12

Le président du Libéria, Joseph Boakai, s’est adressé à la nation ce mercredi 18 mars 2026, suite aux tensions enregistrées ces derniers jours à la frontière entre son pays et la Guinée. Le chef de l’État a rassuré ses compatriotes quant à la volonté des différentes parties concernées à œuvrer en faveur du maintien de la paix et de la quiétude le long de leurs frontières communes. Dans son intervention, le dirigeant libérien a souligné que les tensions enregistrées récemment aux abords du fleuve Makona, à la frontière guinéo-libérienne, ont « à juste titre » suscité une grande sensibilité au sein de l’opinion publique libérienne. « Je tiens à assurer le peuple libérien que votre gouvernement est pleinement engagé et gère la situation de manière responsable, avec calme et détermination », a-t-il déclaré. Selon Joseph Boakai, dès les premiers signes de tension, les autorités libériennes ont privilégié une approche pacifique, en activant les canaux diplomatiques pour désamorcer la situation. « Nous avons engagé un dialogue direct avec le gouvernement guinéen par le biais des canaux diplomatiques établis. En outre, nous avons travaillé en étroite collaboration avec notre République sœur, la Sierra Leone, dans le cadre de l’Union du fleuve Mano, afin de veiller à ce que le dialogue et la coopération guident nos actions. À la suite de ces échanges, les dirigeants du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone ont réaffirmé notre engagement collectif en faveur de la paix et de la stabilité le long de nos frontières communes », a-t-il indiqué. Dans ce cadre, souligne-t-il, « toutes les parties ont convenu d’œuvrer au rétablissement du statu quo et de garantir que nos communautés frontalières continuent de vivre en paix, dans le respect et la confiance mutuels ». Le président libérien salue aussi la décision du gouvernement guinéen de repositionner les Forces de défense du pays sur leurs positions initiales le long de la frontière. « Il s’agit d’une étape importante vers la désescalade et d’une démonstration d’une reconnaissance partagée que la paix et la stabilité doivent toujours guider nos actions », a dit Joseph Boakai. Le chef de l’État a également répondu à la pression de l’opinion publique libérienne, qui déplore le manque de fermeté de la part de ses dirigeants face à la présence de militaires guinéens dans la zone objet de dispute. Pour beaucoup de Libériens, qui estiment que ce territoire appartient au Libéria, il s’agit-là d’une violation grave de l’intégrité territoriale de leur pays. « Permettez-moi d’être clair envers chaque Libérien : notre recherche d’une résolution pacifique n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt une démonstration de force. Il est facile de se battre, de se déchirer et de détruire. Mais comme notre propre parcours nous l’a appris, il est plus difficile de se relever et de reconstruire. C’est pourquoi le gouvernement explore toutes les voies possibles pour résoudre cette question de manière pacifique. Nous continuerons de nous appuyer sur la diplomatie, le dialogue et les mécanismes de coopération régionale afin de garantir que cette situation soit traitée de manière responsable et sans conflit », a-t-il assuré. Il a par ailleurs rappelé l’attachement historique du Libéria à la paix et à la coopération avec ses voisins, insistant sur les liens culturels, familiaux et économiques qui unissent les populations des zones frontalières. C’est pourquoi, Joseph Boakai appelle tous les Libériens au calme et à éviter tout ce qui est susceptible d’envenimer la situation. « Mes chers compatriotes libériens, tout en comprenant et en saluant les fortes manifestations de patriotisme et d’unité, j’appelle tous les citoyens, en particulier ceux vivant dans les communautés frontalières, à rester calmes et respectueux de la loi. J’exhorte également notre peuple à éviter de diffuser des informations non vérifiées ou des rumeurs susceptibles de provoquer une anxiété inutile. Laissons nos institutions de sécurité et nos canaux diplomatiques accomplir leur mission », a lancé le président libérien. Cette sortie de Joseph Boakai intervient deux jours après le sommet de la Mano River Union tenu le 16 mars dernier à Conakry. La rencontre a réuni les présidents de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, qui ont discuté des incidents survenus récemment aux frontières entre la Guinée et la Sierra Leone et entre la Guinée et le Libéria. Les trois chefs d’État ont pris l’engagement de résoudre ces différends par le dialogue et la concertation, et à préserver la paix et la quiétude le long de leurs frontières communes. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62

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