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Kérouané : Sibiribaro confrontée au manque d’eau, d’enseignants et d’infrastructures sociales

2026-03-01 - 00:36

Située à environ 70 kilomètres de la préfecture de Kérouané, la sous-préfecture de Sibiribaro fait face à d’importants défis liés à la gouvernance locale, notamment la faiblesse des ressources financières, le déficit d’infrastructures et le manque criard de personnel dans les secteurs sociaux de base. Les autorités communales peinent à répondre aux besoins fondamentaux des populations locales, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial. À la tête de la délégation spéciale de la commune rurale depuis 2024, Doussou Sékou Kourouma a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’économie locale, autrefois soutenue par l’exploitation artisanale du diamant, ne génère plus de revenus significatifs. « L’une des principales activités reposait sur l’exploitation du diamant, mais aujourd’hui, cette activité a quasiment disparu. Nos sources de revenus sont très faibles. Seul le marché hebdomadaire de Sibiribaro-Centre nous apporte un peu de recettes, et cela ne peut pas couvrir tous nos besoins », a-t-il expliqué. Cette faiblesse des ressources financières impacte directement la capacité de la commune à investir dans les services sociaux de base et les infrastructures. L’accès à l’eau potable constitue l’une des principales préoccupations. Plusieurs districts de la commune ne disposent d’aucun point d’eau fonctionnel. Les quelques pompes existantes ne couvrent pas l’ensemble du territoire de Sibiribaro. En saison sèche, les femmes parcourent de longues distances pour s’approvisionner en eau potable, dans des conditions pénibles. Cette situation accentue la vulnérabilité des ménages et expose les populations aux maladies hydriques. Face à cette réalité, les autorités locales envisagent la construction de nouveaux forages dans les villages les plus touchés, mais elles disent manquer de moyens financiers pour concrétiser ces projets. L’état dégradé du réseau routier renforce l’isolement de Sibiribaro. « Lorsqu’une réunion est prévue à Kérouané, nous, responsables locaux, sommes contraints de partir la veille en raison du mauvais état de la route », a déploré le président de la délégation spéciale. Cet enclavement freine non seulement les activités administratives, mais aussi les échanges économiques et l’accès aux services sociaux, notamment en cas d’urgence sanitaire. Le centre de santé de Sibiribaro fonctionne avec un effectif très réduit. « Il n’y a pas plus de deux agents titulaires », a indiqué Doussou Sékou Kourouma. Dans certains districts, il n’existe même pas de poste de santé. Des femmes enceintes sont parfois contraintes d’accoucher en cours de route, en raison de la distance et de l’impraticabilité des routes. Les autorités communales sollicitent l’appui du gouvernement pour le déploiement de personnel soignant supplémentaire afin de garantir un accès à des soins de qualité. Sur le plan éducatif, la commune fait face à un paradoxe : les écoles et les élèves sont nombreux, mais les enseignants font défaut. « Ce sont les études qui développent un pays. Mais ici, nous manquons d’enseignants », insiste le responsable communal. Parmi les perspectives envisagées figure la prise en charge des enseignants contractuels par la commune, une initiative qui reste toutefois conditionnée à l’amélioration des ressources financières locales. Confrontée à ces multiples défis, la commune rurale de Sibiribaro lance un appel pressant aux autorités nationales pour un accompagnement accru dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable et des infrastructures routières. « Nous souffrons énormément à Sibiribaro aujourd’hui », conclut le président de la délégation spéciale. Dans cette localité de la préfecture de Kérouané, la gouvernance locale se heurte ainsi à des contraintes structurelles majeures, révélant les défis persistants du développement à la base en Guinée. De retour à Sibiribaro (Kérouané), Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com Tél. : (+224) 621 144 891

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