Kankan : accusé de soutenir la transhumance, le sous-préfet de Sabadou Baranama se défend
2026-03-12 - 12:17
La grogne des femmes de Tôron Banankô contre la présence des zébus maliens sur leur sol, avec la complicité présumée des autorités locales de Sabadou Baranama qui auraient facilité leur entrée en échange de pots-de-vin, suscite des réactions. Le sous-préfet de Sabadou Baranama, mis en cause dans cette affaire, sort du silence et rejette toutes ces accusations. Selon Oumar Camara, c’est le président du district de Tôron Banankô qui a autorisé l’entrée de ces troupeaux étrangers contre le paiement de 30 millions de francs guinéens, sans en informer l’autorité. Il l’a dit dans un entretien accordé à un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture. Face aux accusations portées contre lui par des habitants de Tôron Banankô, dans la sous-préfecture de Sabadou Baranama, le sous-préfet Oumar Camara brise le silence. Il affirme que l’introduction des zébus maliens dans la localité s’est faite à son insu et met en cause le président du district de Banankô. Selon lui, l’administration locale n’a été informée de la situation qu’après l’arrivée des troupeaux sur le territoire. « Nous étions en mission de l’État lorsqu’à un moment donné, nous avons appris que des zébus maliens étaient entrés sur le territoire de Sabadou Baranama, précisément à Banankô », explique-t-il. D’après le sous-préfet, ce sont des habitants du village qui ont d’abord saisi la mairie pour dénoncer la présence de ces troupeaux étrangers dans leurs champs. « Le maire m’a informé qu’il y avait une plainte des citoyens de Banankô contre la présence des zébus maliens chez eux. Je lui ai demandé de contacter le président du district pour savoir qui lui avait autorisé à faire entrer ces animaux », poursuit-il. Face à la montée de la tension dans la localité, les autorités communales et sous-préfectorales ont décidé de se rendre sur place pour calmer les esprits et exiger le départ des troupeaux. « Comme il y avait trop de murmures dans le village, le maire m’a demandé d’aller sensibiliser les habitants pour que ces zébus quittent notre territoire. Nous sommes partis ensemble rencontrer les sages afin qu’ils demandent aux propriétaires des bœufs de partir », explique Oumar Camara. Les autorités affirment avoir accordé un délai de trois jours aux éleveurs pour quitter les lieux, alors que ces derniers réclamaient un mois. C’est à ce moment, selon le sous-préfet, que le président du district aurait reconnu avoir perçu de l’argent pour autoriser leur installation. « Nous lui avons demandé combien il avait reçu pour accepter ces zébus maliens. Il nous a répondu que c’est 30 millions de francs guinéens. Nous lui avons alors demandé d’envoyer cet argent afin qu’on le restitue aux propriétaires des animaux devant tout le monde », affirme-t-il. Le sous-préfet indique que la somme a été restituée aux éleveurs après déduction d’un mois correspondant au temps déjà passé dans la localité. « Nous avons calculé le temps qu’ils avaient déjà fait sur place, puis nous leur avons rendu le reste de l’argent en leur demandant de quitter notre territoire », précise-t-il. Cependant, selon Oumar Camara, une entente aurait ensuite été conclue entre certaines personnes du village et les éleveurs en son absence, permettant aux troupeaux de rester encore quinze jours, alors que l’administration avait fixé un délai de trois jours. « Nous avons appris qu’ils avaient obtenu une autorisation de rester quinze jours, alors que nous avions dit trois jours. J’ai prévenu que s’ils ne quittaient pas après ce délai, j’allais saisir les éco-gardes et la gendarmerie pour les faire partir », dit-il. La situation s’est davantage compliquée lorsque des chasseurs auraient tiré sur certains bœufs maliens, un acte que le sous-préfet juge inacceptable. « Nous avons appelé le président du district pour lui demander pourquoi les chasseurs avaient tiré sur les bœufs maliens. Il nous a répondu qu’il ne savait pas. Pourtant, cela est anormal, car personne n’a le droit de tirer sur ces animaux », déplore-t-il. Suite à cet incident, une convocation de la gendarmerie a été adressée aux présumés auteurs des tirs. Mais ces derniers auraient refusé de répondre à l’appel des autorités, ce qui a conduit à leur interpellation à la demande du propriétaire des zébus. Pour Oumar Camara, les accusations visant l’administration sous-préfectorale sont infondées. « Nous sommes innocents dans cette affaire, car ces zébus sont entrés sur le territoire sans que nous ne soyons informés », conclut-il. Cette affaire de transhumance continue de susciter de vives tensions dans la localité de Tôron Banankô, où les populations, notamment les femmes, dénoncent la destruction de leurs champs par les troupeaux étrangers et réclament des mesures fermes pour protéger leurs terres agricoles. Malgré nos nombreuses tentatives, pour le moment nous n’avons pas pu joindre le président du district de Tôron Banankô, qui est mis en cause dans cette affaire. De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com