Kankan : le directeur préfectoral de l’habitat obtient une liberté provisoire à l’ouverture de son procès
2026-01-28 - 16:23
Placé sous mandat de dépôt le 22 janvier dernier à l’issue de son audition à la gendarmerie, Abdoulaye Diakité, directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, a comparu ce mercredi, 28 janvier 2026, devant le tribunal de première instance de Kankan. Il est poursuivi pour stellionat, faux, usage de faux et complicité, dans une affaire portant sur un lopin de terre litigieux situé dans la commune urbaine de Kankan. Selon les informations recueillies, le prévenu aurait établi en 2022 un plan de masse sur ladite parcelle, alors qu’un autre plan existerait depuis 1968, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan. C’est à 11 h 20 que le prévenu a été appelé à la barre. Dans une salle d’audience bondée, mais plongée dans un silence de cimetière, le greffier, sur instruction du président du tribunal, a procédé à la lecture des charges. Un chapelet autour du cou et vêtu d’un boubou de type « Macky Sall », Abdoulaye Diakité décline son identité. Il lui est alors notifié qu’il comparaît en procédure de flagrant délit, notamment pour avoir dissimulé l’existence d’un bien déjà appartenant à une autre personne. A la barre, le prévenu a réfuté les faits mis à sa charge. « J’ai reçu une demande de la famille Touré pour la reconstitution et la délimitation du plan, parce qu’après vérification dans nos archives, nous n’avons rien trouvé. J’ai alors saisi le chef de quartier pour une reconnaissance de propriété », a-t-il dit. Le président du tribunal l’interpelle aussitôt : « Savez-vous qu’en matière foncière, les chefs de quartier n’ont aucune compétence ? Ces attributions relèvent exclusivement du service de l’Habitat ». Ce à quoi Abdoulaye Diakité répond : « Oui, je le sais. Mais lorsqu’il n’y a aucune trace dans nos archives, il est possible de recourir aux chefs de quartier pour des informations de terrain. » S’ensuit un feu roulant de questions du procureur, mais aussi des avocats de la partie civile et de la défense. Pendant plus de deux heures, le prévenu répond aux interrogations, sous l’attention soutenue du public, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la salle d’audience. À l’issue des débats contradictoires, les avocats de la défense sollicitent la mise en liberté provisoire de leur client. Le parquet ne s’y oppose pas, tout en demandant que cette mesure soit assortie d’un cautionnement afin de garantir la comparution du prévenu aux prochaines audiences. Le procureur Fodé Bintou Keïta précise également que le tribunal peut renvoyer l’affaire à une date ultérieure pour les réquisitions et plaidoiries. Après avoir entendu toutes les parties, le juge audiencier, Mamadou Saliou Diakité, a ordonné la mise en liberté provisoire d’Abdoulaye Diakité, sous condition du paiement d’une caution de 10 millions de francs guinéens. L’affaire est renvoyée au 11 février 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats de la partie civile et de la défense. Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com