Kawessi (Télimélé) : les activités de la société minière CDM Chine paralysées par une grève des travailleurs
2026-01-28 - 14:52
Les travailleurs de la Compagnie du Développement des Mines (CDM Chine, une société opérant dans la sous-préfecture de Kawessi, préfecture de Télimélé) observent une grève illimitée depuis hier, mardi 27 janvier 2026. Ils dénoncent le non-respect de la convention collective des mines et carrières, et réclament de meilleures conditions de vie et de travail. Pour se faire entendre, les grévistes ont arrêté le travail. Le collège syndical promet de maintenir ce mouvement de grève jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications. Selon les informations confiées à Guineematin.com, les revendications à l’origine de cette grève sont vieilles de plus de six mois. Un premier préavis de grève avait déjà été déposé en juin 2025 par le collège syndical des travailleurs de CDM Chine à cet effet. Après l’implication des autorités préfectorales de Télimélé et Boké, et des négociations qui ont conduit les parties jusqu’à Conakry, le syndicat avait accepté de suspendre la grève jusqu’à la fin de l’élection présidentielle. Les négociations devaient reprendre juste après ce scrutin, mais il n’en a rien été. Cette situation a conduit le syndicat à déclencher une grève illimitée, un mouvement de grève qui paralyse depuis hier (mardi) le travail à CDM Chine. « Ça nous a poussés à déposer un préavis de grève le 1er janvier 2026. Le préavis de grève qui avait en son terme le paiement de la prime de production, l’ouverture de la plateforme revendicative qui a été déposée depuis le 20 septembre 2025 au point surtout du reclassement des travailleurs qui fait déjà le gros souci sur le terrain. Et à l’issue de ça, après plusieurs pourparlers, nous avons apporté tout ce qu’il y avait pour pouvoir demander le paiement de la prime. Le préfet nous a exigé que pour trancher le problème, il faudrait que nous acceptions la poire à deux : la prime qui était à 2 millions, de permettre à la direction de payer 1 350 000 francs et de donner ouverture sur les négociations, afin de finaliser le reclassement des travailleurs... Après le consensus de l’obtention d’une lueur d’espoir sur les accords, nous sommes allés jusqu’à suspendre l’avis de grève. Et après la suspension de la vie de grève, on a eu six jours de séances de travail avec les inspecteurs du travail, qui ont constaté que la direction était toujours focus sur sa position de ne pas céder sur les réclamations des travailleurs », a expliqué Gami Joël, le secrétaire général du collège syndical de CDM Chine. Par ailleurs, ce responsable syndical a promis que cette grève continuera jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. « Dans cette plateforme, nous ne demandons rien d’autre que le reclassement des travailleurs conformément aux législations en place, c’est-à-dire le code de travail, la convention collective et, s’il le faut, selon l’arrêté 757 qui a été signé par le ministre des Mines. Ce qui s’ajoute à cela, c’est la simulation qui a été aussi confirmée du côté de l’inspection, après avoir effectué la poire en deux des deux propositions de la direction et du syndicat. Ce que d’ailleurs la direction a totalement refusé d’exécuter. Jusque-là, elle paie selon ses propres conditions. Ce qui ramène des échauffements sur le terrain. La grève a commencé hier à 0h00. Actuellement sur le terrain, on n’observe aucune barricade, aucune violence. Les travailleurs sont sur le site de travail, ils sont assis paisiblement, à attendre que leur délégué soit appelé aux différentes négociations. C’est une grève illimitée qui va continuer jusqu’à la satisfaction des réclamations qui ont été déposées depuis le 20 septembre, ou jusqu’à l’obtention d’un accord », a martelé Gamy Joël. Une source proche des autorités administratives de la sous-préfecture de Kawessi a confirmé ce mercredi à Guineematin.com cette grève des travailleurs de CDM Chine. Elle rassure aussi que « des inspecteurs sont attendus à Kawessi pour continuer les négociations entre les travailleurs et la direction de CDM Chine ». Toutefois, notre source précise qu’avec plus de 1 300 travailleurs à sa charge, « la direction de CDM Chine estime que s’il faut augmenter les salaires, il faudra d’abord procéder à des licenciements ». Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tel : 622 97 27 22