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Kindia : des taxi-motards dénoncent des abus après un incident avec la police routière

2026-02-26 - 23:35

Une vive tension a secoué la ville de Kindia ce jeudi 26 février 2026. À l’origine des heurts : une altercation entre des agents de la police routière, postés aux principaux carrefours stratégiques, et des conducteurs de taxis-motos. Ces derniers dénoncent des « tracasseries » et des pratiques qu’ils jugent abusives. Selon des témoignages recueillis sur place par l’un des correspondants de Guineematin.com, un conducteur de taxi-moto aurait été poursuivi par un agent de la police routière après avoir refusé de s’arrêter. Dans sa tentative de fuite, le jeune homme serait tombé dans un caniveau, avant d’être évacué d’urgence à l’hôpital régional Alpha Oumar Diallo pour y recevoir des soins. « Lorsque je suis arrivé, notre ami était dans le caniveau. Il était blessé un peu partout et ne pouvait même pas parler. Il a été rapidement admis à l’hôpital, car sa situation semblait critique », a confié Alhasane Bobo Diallo, conducteur de taxi-moto. À la suite de l’incident, plusieurs conducteurs se sont rassemblés pour exprimer leur indignation. Des barricades ont été érigées sur certains axes de la ville et des pierres auraient été lancées en direction du commissariat central. Un autre conducteur affirme que l’altercation aurait dégénéré après l’intervention musclée du policier. « Le policier lui a demandé de s’arrêter, mais le jeune a refusé. Ensuite, il a piétiné violemment la moto, provoquant sa chute. Nous demandons simplement justice pour notre ami. C’est la raison de notre colère. » Les manifestants dénoncent également des pratiques financières qu’ils qualifient d’irrégulières. « Chaque jour, on nous arrête pour nous retirer 5 000, 10 000, parfois jusqu’à 40 000 francs. Pourtant, nous payons nos taxes. Certains policiers roulent sans plaque, mais personne ne dit rien. Même quand nos papiers sont en règle, on nous harcèle », a déclaré Oumar Soumah. Informés de la situation, les responsables syndicaux des taxis-motos se sont rendus au chevet de la victime. À leur sortie de l’établissement hospitalier, un certain soulagement était perceptible, bien que l’inquiétude demeure. « Nous voulons que toute la lumière soit faite sur cet incident. Il faut situer les responsabilités et ouvrir une enquête pour que justice soit rendue », a indiqué un syndicaliste. D’après les informations recueillies, le pronostic vital du blessé ne serait pas engagé. Les médecins n’ont toutefois pas souhaité s’exprimer publiquement. Face à la montée de la tension, la gendarmerie est intervenue pour tenter de disperser les manifestants. Devant leur refus de quitter les lieux, des gaz lacrymogènes ont été utilisés, aggravant momentanément la situation. Le calme est progressivement revenu en fin de journée, mais la colère reste vive chez les conducteurs de taxis-motos, qui exigent des mesures concrètes pour mettre fin aux « tracasseries » dont ils disent être victimes. De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

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